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Une unité d’assemblage et de montage de véhicules Made in Côte d’Ivoire ?

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Effet d’annonce, perspectives encourageantes pour l’industrie Ivoirienne, la nouvelle a fait couler beaucoup d’encre et fait l’objet de débats, notamment sur la réalisation factuelle des objectifs de ce projet. Le lundi 10 janvier 2022, l’état de Côte d’Ivoire a inauguré l’usine d’assemblage de véhicules IVECO DAILY IVOIRE, dans la zone industrielle de Koumassi – Abidjan – Côte d’Ivoire. Une cérémonie sous le signe de la renaissance puissante, durable et
positive d’une Terre de progrès sociaux et de solidarité humaine, dans un contexte toujours marqué par la pandémie à covid-19 et ses variants. Parmi les invités présents, des représentants de l’état de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, de la Guinée Bissau, d’Italie, du corps diplomatique de la CEDEAO (communauté économique des états de l’Afrique de l’Ouest), de l’UEMOA (union économique monétaire Ouest Africaine), de
la SOTRA  (société des transports Abidjanais), d’IVECO, de la presse… Une preuve, en nature, que l’ambition dépasse les frontières nationales. Quelles sont les enjeux de cette proposition d’industrie pour la terre d’éburnie ? Décryptage.

A droite, Patrick Achi, Premier Ministre de Côte d’Ivoire / Crédit image : Gouv.ci

La renaissance Ivoirienne. C’est sous ce thème que l’usine d’assemblage de véhicules, IVECO DAILY IVOIRE, est inauguré le lundi 10 janvier 2022, dans la zone industrielle de Koumassi. Pour le premier ministre de Côte d’Ivoire, Patrick Achi, les travaux de cette unité d’assemblage, lancés en août 2018 par Feu Amadou Gon Coulibaly : “témoigne en effet de l’aboutissement d’une décennie d’efforts de tout un pays et de tout un peuple… pour rebâtir une nation et reconstruire les outils nécessaires à son développement, en termes d’infrastructures, de compétences, de financement, de production et d’ambitions.”

Au centre, Patrick Achi, Premier Ministre de Côte d’Ivoire / Crédit image : Comprendre.media

Ainsi, pour lui, l’avenir passe par l’âme des affaires et les clefs de voûte de la prospérité que sont le secteur privé, en général, et l’industrie en particulier.
Il estime que cette industrie : “transformera toujours plus, ici, demain, les richesses produites par notre terre, pour en tirer le meilleur profit là-bas, à l’export, sur les plus grands marchés mondiaux.” Et ce, afin de combler les besoins, du pays, dans le logement et le BTP (bâtiments et travaux publics). Aussi, il indique qu’elle permettra de réaliser les ambitions, de la terre des pachydermes, dans les domaines de la santé et du médicament, de l’énergie et des mines, du textile, de l’audiovisuel et de l’économie numérique.

Crédit image : koaci

Il faut dire que la Côte d’ivoire dispose d’un fort potentiel, en ce qui concerne la mobilité, la construction mécanique et l’assemblage automobile. Cette usine d’assemblage de véhicule, IVECO DAILY, est, donc, en conséquence, un outil propice au développement de ce potentiel et, peut être, le début d’une nouvelle ère de l’aventure industrielle Ivoirienne.

Crédit image : Abidjan.net

Subséquemment, des réformes structurelles et multisectorielles dans la santé,
l’éducation et la formation, l’urbanisme, le logement, les infrastructures économiques et industrielles s’imposent, indéniablement. C’est dans cette dynamique que s’inscrit ce projet de montage local de véhicules. Selon Patrick Achi, il : “incarne une double stratégie… des véhicules produits ici… estampillés Made in Côte d’Ivoire, du fait du haut niveau d’assemblage réalisé sur les chaînes de montage” pour la réalisation d’un véritable hub logistique et industriel sous-régional. En définitive, la vision est de faire, de la Côte d’Ivoire, un lieu préférentiel de production de pièces détachées, de production mécanique et d’assemblage de véhicules de spécialité
ou de machineries agricoles, pour satisfaire la demande nationale et régional, tout en répondant aux besoins clés de développement économique et de mobilité urbaine.

Crédit image : Afrik Soir

L’unité de montage et d’assemblage des Daily Ivoire devrait produire près de 1000 véhicules neufs par an, avec une capacité de production revue à la hausse pour les prochaines années. Si les perspectives de formations et d’emplois rémunérateurs pour de nombreux  jeunes, sont évidentes, les regards seront, dans un premier temp, focalisé sur les minibus IVECO supposés sortir de l’unité de Koumassi, car leur production demandera, naturellement une fourniture de produits et services. Une fourniture qui pourrait, aisément, être assurée par les TPE/PME (très petites, petites et moyennes entreprises). Opérationnalisé, dans cette optique, un réel tissu
économique et humain pourrait émerger de cette initiative, sachant que la Côte d’Ivoire a décidé, il y a quelques années, de renouveler son parc automobile.

Crédit image : Togotimes

Dans la conjoncture économique et budgétaire de ces deux dernières années, du fait de la pandémie de la Covid-19, le pays s’évertue, tant bien que mal, à poursuivre ses grands chantiers de développement socioéconomique, notamment ceux liés à la CAN 2023, qui se déroulera en Côte d’Ivoire. L’ accélération de la transformation structurelle de l’économie, pour produire plus de richesses et plus d’emplois, à travers l’industrialisation, est donc un levier incontournable pour le pays de Didier Drogba. La réalisation rapide de zones industrielles, dans plusieurs villes majeures de l’intérieur du pays, au plus près des ressources, des bassins d’emplois et la mise en place d’instruments d’export des produits Made in Côte d’Ivoire devrait y contribuer. Enfin, de grands projets, en cours, participent à la modernisation et à la fluidité du transport dans le grand Abidjan, notamment le Métro, le transport lagunaire, les ponts et les contournements autoroutiers. La vision 2030 et le PND (plan national de développement) 2021-25, s’ils sont exécutés correctement, devrait conduire à la transformation de l’économie, créer de l’emploi et assainir un microcosme gangréné par la corruption. En conclusion, Made in Côte d’Ivoire ou pas, le pays tente de s’adapter aux impératifs technologiques qui s’imposent à lui. Et c’est bien tout ce qui compte.

KOFFI-KOUAKOU Laussin

Rédacteur en chef

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