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Téléphonie : Faut-il renouveler le ‘’verger’’ de Café Mobile ?

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6ème opérateur de téléphonie mobile enregistré, la société NIAMOUTIE TELECOM, propriétaire de la marque Café Mobile, fait-elle les frais des ‘’piques’’ concurrentielles fréquentes dans ce milieu ? Difficile d’y donner une réponse objective en l’état actuel. En revanche, la tournure des évènements pousse certains à orienter leur analyse vers cette piste.

C’est en avril 2012 que le patron de cette entreprise, Niamoutié KOUAO a lancé Café Mobile. Après avoir investi plus de 40 milliards de Francs CFA suite à l’acquisition de la licence d’exploitation estimée à 20 milliards. Au niveau technique, à ceux qui parlaient de modicité de ses moyens, le PDG de NIAMOUTIE TELECOM répondait ceci : « …Bien au contraire, le partenariat technique avec ERICSON et la qualité des équipements, nous donnent de l’assurance pour prendre notre place dans le secteur. », assurait-il tout en précisant que toutes les vérifications avaient été effectuées et celles-ci ont débouché sur l’autorisation de son entreprise par l’Etat de Côte d’Ivoire, d’exercer.

Seulement voilà : le Café Mobile semble perdre progressivement  de sa ‘’vertu’’. Du moins, à la lecture de l’étude opérée récemment par l’Autorité de Régulation des Télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI). De fait, le 16 octobre dernier, cette instance a présenté les résultats de son audit de contrôle portant sur la qualité des services dudit opérateur. Diagnostic se limitant à la période allant du 31 juillet au 27 août 2014. Il en ressort malheureusement que cette marque se voit infliger une pénalité  de 4 850 000 F CFA « pour la mauvaise qualité de ses services. ». Pis, il est soumis au Conseil de Régulation la « proposition du retrait de licence à Café Mobile », a ajouté le régulateur. Pourtant, rien dans l’attitude de l’entrepreneur ivoirien ne présageait un investissement à perte.

Faut-il sauver l’unique opérateur de droit ivoirien ?

Le gouvernement ivoirien tirait déjà la sonnette d’alarme en invitant Café Mobile à fusionner avec deux autres concurrents, également traversant quelques difficultés, en occurrence  Koz et Green. Parce que, pour l’Exécutif, l’ambition des promoteurs de la société de téléphonie de droit ivoirien ne suffit guère. Il convient de souligner que cette analyse n’est point loin de la réalité. Car, en Côte d’Ivoire,  le secteur du mobile est quasiment l’apanage de trois (3) grosses têtes à savoir, ORANGE, MTN et Moov. Ces multinationales absorbent à elles seules, environ 94% du marché selon les chiffres officiels de 2013. Au bout du compte, les moins fortes doivent se contenter de moins de 10% de part de marché. Dans la pratique, la fonte préconisée, vise donc à donner à la nouvelle société qui en découlera, les chances de capter cette marge pour ensuite regarder vers l’avenir. Ce qui évitera à ces opérateurs de mettre les clés sous la carpette. Mais ces trois entreprises n’ont pas accordé leurs violons jusque-là. Sans doute pour des questions d’ordre stratégique.

Or, la volonté de l’ARTCI est on ne peut plus claire : « Réduire le nombre de détenteurs de licences de télécom et garder les opérateurs les plus performants. », telle que l’a affichée sans faux-fuyant son Directeur Général, M. Bilé DIEMELEOU, lors de la cérémonie de présentation des résultats dudit audit.  Et la note reste considérablement salée pour Café Mobile qui en plus de l’épée de Damoclès suspendue sur la tête, doit s’acquitter d’environ 5 millions de F CFA d’amende.

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Cependant, il est fort aisé de souligner que dans ce contexte ombreux et tenant compte de certaines considérations, maintes hypothèses penchent pour une opération de salut à l’endroit de Café Mobile. Les prédicateurs de cet avis se fondent  sur la simple raison que Café Mobile est une marque ivoirienne. Même si des « insensibles » venaient à battre en brèche cette thèse, il n’en demeure pas moins que ce plaidoyer repose sur de solides arguments. Puisque, l’abnégation et la détermination n’ont pas fait défaut dans la démarche managériale des créateurs de cette entreprise. D’un (1) milliard de F CFA  à ses débuts, les promoteurs ont multiplié le capital de cette société par dix (10) aux dernières nouvelles. Avec en prime, d’autres investissements avoisinant 45 milliards de F CFA. Le titulaire de l’indicatif téléphonique  ‘’69’’, a également créé au départ 200 emplois directs et entendait accroître ces chiffres progressivement, si l’on en croit les propos de son premier responsable.

Pourtant, tous ont failli. Nul n’est donc exempt de reproches.

L’Etat ivoirien par le truchement de l’ARTCI est bien dans son rôle de régulateur. D’autant que prôner et veiller à  la qualité de service des opérateurs économiques est la preuve que le gouvernement rempli parfaitement son devoir régalien. Cependant, l’intention de retirer la licence à la seule société NIAMOUTIE TELECOM, donne un peu à réfléchir.

En effet, la vérité c’est que l’ensemble des six (6) sociétés de téléphonie mobile opérant en territoire ivoirien est appelé à améliorer ses services. De fait, le diagnostic posé au sortir de l’étude menée du 27 août au 16 octobre dernier, est sans équivoque : « Sur les réseaux 2G et 3G, l’ARTCI a enregistré de nombreuses défaillances chez chacun des opérateurs, dans les 53 villes où les tests ont été effectués. Par conséquent, les six (6) reverseront  une amende globale de 1 216 947 250 F CFA .» Et ce, selon la répartition suivante : COMIUM (Koz) 75 809 550 F CFA, ETISALAT (Moov) 331 677 500 F CFA, LAP GREEN (Green) 4 millions, ORANGE 433 101 554 F  CFA,  MTN 367 488 646 F CFA et enfin, NIAMOUTIE TELECOM (Café Mobile) 4 850 000 F CFA. Voici qui est clair, même les plus grands ont été tancés.

Alors questions : Qu’est-ce qui fonde concrètement la décision de retrait de la licence à Café Mobile ? N’est-il pas là l’occasion pour les décideurs de promouvoir une fois de plus  l’initiative privée ivoirienne en apportant une bouée de sauvetage à cette entreprise ? Café Mobile n’est-elle pas victime de la grave crise qu’a connue la Côte d’Ivoire ?

Telles sont les interrogations qui revenaient à bonne fréquence sur les lèvres de ceux que nous avons interrogés il y a peu. Alors, étant donné que cette décision n’est pas encore entrée en vigueur, pour nous, il convient  de (re) discuter.  Histoire pourquoi pas, de sauver les meubles. Notons que dans le paysage des Télécoms ivoirien plane également  la société WARID TELECOM qui bien que détenant une licence, n’est pas  opérationnelle pour l’instant.

 

Marius Aka Fils

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