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Stratégie/ Banques françaises : leur poids en Côte d’Ivoire ?

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Société Générale - BNP

Vingt-sept (27) établissements financiers forment le parc bancaire ivoirien. Le potentiel que regorge la terre d’Eburnie attire des investisseurs provenant de divers horizons. Parmi eux, la Banque internationale pour le commerce et l’industrie de la Côte d’Ivoire (BICICI), filiale du GROUPE BNP PARIBAS et Société Générale de Banques en Côte d’Ivoire (SGBCI), appartenant quant à elle au GROUPE SOCIETE GENERALE, entreprises de droit français. Que pèsent-elles réellement sur l’échiquier bancaire ivoirien ? Leur stratégie ? Eléments de réponse dans ce document spécial.

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Notons d’entrée que, tous médias et tous secteurs confondus, les investissements publicitaires enregistrés de janvier à mai 2016 en Côte d’Ivoire s’élèvent à plus de 12 milliards de FCFA (1,8 million d’Euros).

Du média le plus adulé

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Au cours des cinq (5) premiers mois de l’année 2016, les investissements du secteur bancaire ivoirien ont culminé les 175 millions de FCFA (Environs 268 000 Euros). Investissements répartis sur quatre (4) médias à savoir la Télévision, la Radio, la Presse écrite et l’Affichage. A ce niveau, la Presse écrite se positionne en leader incontesté avec +60% de part d‘investissement. L’Affichage arrive loin derrière avec 20% de part. La Radio suit avec (11%) et (8%) pour la Télévision. Ces derniers utilisés visiblement comme médias d’appoint.

De l’observation de cette tendance depuis plusieurs années, il est fort aisé de déduire que la Presse est prisée par les banques. Pourtant, nous baignons dans un environnement où le taux de pénétration de ce média est en deçà des 20%.

Qu’est-ce qui justifierait une telle attitude de consommation des banques ? Approches de réponse dans une analyse que nous vous promettons les jours à venir.

De l’attitude des banques commerciales 

Sur les 24 banques ayant investi sur cette période, 18 d’entre elles proviennent du segment des Banques commerciales ou d’affaires contre 6 autres se logeant dans la catégorie de banques de développement et centrale.

Avec 91% de part d’investissement (+158 millions de FCFA soit environ 242 000 Euros), les banques commerciales se positionnent en effet comme les ‘’propulseurs’’ de la communication dans ce secteur en terre d’Eburnie.

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La SGBCI tient le haut du pavé avec 16% d’investissement suivie des ivoiriennes notamment NSIA BANQUE (14% de part d’investissement), FIDELIS FINANCE (12% de part d’investissement) puis la BANQUE ATLANTIQUE (12% de part d’investissement).

Les autres concurrents ont menée des opérations de communication représentant moins de 10% de l’enveloppe globale. C’est le cas d’ECOBANK (6%), ATTIJAWAFA BANK (6%). Même la française BICICI n’a pu atteindre les 6% ainsi que la BNI (toutes les deux sont à 5%)…

Leurs tendances par média

En PRESSE, avec plus de 105 millions de francs (environ 161 000 Euros), se dégage un trio de tête occupé par NSIA BANQUE avec +16% de part d’investissement suivie de SGBCI (SOCIETE GENERALE) soit +13% d’investissement et ECOBANK avec +10%. NSIA BANQUE marquant sa suprématie vis-à-vis de ses consœurs.

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En OUTDOOR, avec plus de 35 millions de francs (Un peu Plus de 53 000 Euros), c’est la BANQUE ATLANTIQUE qui affiche la présence la plus soutenue dans le peloton de tête avec 30,7% de part d’investissement. Elle devance FIDELIS FINANCE (20% d’investissement) qui à son tour, prend le dessus sur la SGBCI (12% d’investissement). A elles seules, ces trois banques occupent 62% des investissements dans ce média.

En RADIO, avec plus de 20 millions de francs (30,5 mille Euros), la SGBCI se signale cette fois en tête du classement avec +45% d’investissement. En 2ème position, nous avons NSIA BANQUE (25%d’investissement) tandis qu’ATTIJARIWAFABANK (+15% d’investissement) ferme le podium. Notons que ce podium pèse à lui seul 86% des investissements Radio.

Quant à la TELEVISON qui a absorbé 14,3 millions de francs (Environ 22 mille Euros), voit FIDELIS FINANCE s’arroger la 1ère place avec 30% d’investissement, talonnée par la BNI (25% d’investissement) puis ATTIJARIWAFABANK (21% d’investissement).

Le poids réel des banques françaises… 

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Les banques ivoiriennes composées de NSIA BANQUE, FIDELIS FINANCE, BNI, BFA, BRIDGEBANK GROUP, BANQUE ATLANTIQUE dominent largement les investissements sur cette période (49%). Viennent les françaises, constituées par SGBCI (société générale) et BICICI (BNP PARIBAS) avec 22% de part. Les sociétés représentant ces deux nationalités captent ensemble plus de 71% des investissements publicitaires de la période.

Celles originaires de pays tels que le Maroc, le Togo, le Nigéria, le Gabon, le Burkina Faso, la Grande Bretagne et le Mali se partagent globalement les 29% restant avec les banques de développement et banque centrale.

Graphique Banques en Côte d'Ivoire

Leur stratégie

SGBCI : une stratégie média axée prioritaire sur la Presse (52% de part d’investissement) et la Radio (32%) qui furent les 2 médias piliers. L’Affichage (15%) et la Télévision (1%) furent les médias d’appoint.

BICICI: une stratégie média axée prioritaire sur la Presse (56% de part d’investissement) et l’Affichage (28%) qui furent les 2 médias piliers. La Radio (16%) fut le seul média d’accompagnement. En somme, les bonnes performances sont du côté des banques ivoiriennes qui assurent la meilleure présence dans les médias.

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Deux stratégies différentes avec en point commun le média Presse, le support le plus prisé par les banques. L’on est parfois tenté de se poser la question de savoir si celles-ci adoptent une stratégie optimale dans un pays où le taux d’analphabétisation tourne autour des 50%. Un environnement où la Presse est relativement peu consommée en comparaison aux autres médias.

Visuel publicitaire BICICI

Les banques n’auraient-elles pas un bien meilleur impact dans des médias tels la Télévision qui offre de nos jours une grande souplesse d’utilisation avec des coûts de production assez abordables ? Le taux de bancarisation pourrait connaître une embellie. Pourquoi pas ?

Certainement qu’une bonne étude de notre marché éclairerait nos acteurs du monde de la finance. D’ici là, nous continuons d’apprécier les performances de nos banques et autres organismes de crédit.

Marius Aka Fils

La revue de presse du Lundi 11 Juillet 2016

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