Tour Eiffel vu dur Trocadéro / Crédit image : Vikidia
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Sommet sur le financement des économies africaines : Une alliance scellée pour un front commun contre la covid-19

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La journée du mardi 18 mai 2021, un événement mondial s’est déroulé à Paris. La capitale française a accueilli le sommet sur le financement des économies africaines. Plus d’une quarantaine de pays et d’institutions ont participé à cette rencontre internationale, au sujet si importante pour le continent. Évidemment, la crise liée à la maladie à coronavirus et ses conséquences, tant humaine, sanitaire, sociale qu’ économique, était au centre des débats. À l’issue des échanges, 47 pays et représentants d’institutions ont signé une déclaration commune. Strat’Marques vous en ressort les points essentiels dans ce dossier.

Un invisible qui dérange

Crédit Image : Twitter

Il est clair que la pandémie de Covid-19 éprouve durement les économies mondiales. L’Afrique n’échappe pas aux affres, sans précédent, de cette situation globale, aux conséquences sociales majeures. Après 25 ans de croissance continue, le continent est en récession depuis 2020. Selon le FMI (fonds monétaire international), les pays africains ont besoin de financements supplémentaires, à hauteur de 285 milliards de dollars, sur la période courant de 2021 à 2025, pour soutenir leurs efforts dans la lutte contre l’ennemi invisible. Sans toutefois exclure les pays à revenu intermédiaire, environ la moitié serait allouée aux états africains à faible revenu. Ainsi, des opérations conjointes, à l’instar des autres régions du monde, sont nécessaires pour le financement et les objectifs du programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Agenda 2063 de l’UA (union africaine), sous peine de compromission de ces derniers.

Un front commun

Crédit image : La Une-Courrier Picard

Pour vaincre la pandémie, une immunisation de masse est indispensable. Pour ce faire, les participants au sommet ont demander l’accès et le partage équitable, pour l’Afrique, à des vaccins, des traitements et des moyens de diagnostic sûrs et abordables, en s’appuyant sur le dispositif COVAX et l’initiative AVATT de l’UA. Dans cette optique, le secteur privé sera sollicité, afin de booster les capacités locales de production des doses. Un partage volontaire de la propriété intellectuelle, notamment de la part du Big Pharma, le transfert actif des technologies et du savoir-faire, la mise en commun des licences et la conclusion d’accords de fabrication, pourrait faciliter la démarche.

650 milliards de dollars en DTS

FMI / Crédit image : El Universal

Au titre du financement des économies africaines, une allocation générale de DTS ( droits de tirage spéciaux)  du FMI est escomptée, pour un montant record de près de 650 milliards de dollars. Dans cette somme, approximativement, 33 milliards devraient servir à l’augmentation des avoirs de réserve des pays africains. La BAD (banque africaine de développement) sera au cœur de cette action multilatérale. Elle sera appuyée par le réseau des banques publiques de développement africaines et les institutions publiques nationales et internationales.

De l’APD pour les MPME

Crédit image : L’Economiste Maghrébin

En Afrique, la population est en plein boom démographique. Le développement durable des économies africaines est, de ce fait, une question cruciale, car ce facteur peut constituer un atout ou une faiblesse. La nécessaire prise en compte de cette donnée est essentielle pour une Afrique, future championne de la croissance mondiale. À la réalité, il est impératif de conserver l’APD (aide publique au développement) à un niveau élevé. Les pays développés engagés en la matière, doivent être en mesure de fournir 0,70 % RNB (revenu national brut) consacré à l’APD, et de dispenser 0,15 à 0,20 % du RNB consacré à l’APD vers les pays les moins avancés. 

L’objectif est le développement des MPME (micro, petites et moyennes entreprises) innovantes et d’avant-garde, principales sources de croissance et de création d’emplois, et le renforcement de capacité des entrepreneurs, quant à l’accès aux financements. Le tout pour un changement des dogmes, une innovation et une croissance économique inclusive en Afrique. L’entrée en vigueur de l’accord, portant sur la création de la zone de libre-échange continentale africaine, devrait permettre d’observer, rapidement, les résultats positifs de cette alliance. En conséquence, sur un continent où la majorité des entreprises sont des micro entreprises, le rôle des accélérateurs et incubateurs d’entreprises, des réseaux d’investisseurs providentiels et des écoles de commerce est plus que central.

Crédit image : Revue Limite

Concernant le secteur de l’énergie, il est, en Afrique, principalement le fait d’investissements privés. Pour un accès universel à l’électricité sur tout le continent, environ 200 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires d’ici à 2030, soit environ 20 milliards de dollars par an. Des investissements a priori trop lourds pour les états africains, souvent, obligés de recourir à des délestages intempestifs. L’alliance, formée à ce sommet, se propose de trouver les solutions à cette problématique. En effet, depuis que Prométhée a donné le feu aux hommes, leurs activités, économiques entre autres, ne peuvent se faire sans énergie.

Parmi les pays présents au sommet sur le financement des économies africaines, en plus des présidents en exercice de l’Union Africaine, de la Commission de l’Union Africaine, du Conseil Européen et de la Commission Européenne, 43 participants ont adopté la déclaration : Afrique du Sud, Algérie, Allemagne, Angola, Arabie Saoudite, Belgique, Benin, Burkina Faso, Cameroun, Canada, Chine, Comores, Congo, RD Congo, Côte d’Ivoire, Egypte, Émirats arabes unis, Espagne, Etats-Unis, Ethiopie, France, Ghana, Italie, Japon, Kenya, Mali, Maroc, Maurice, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigeria, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Rwanda, Sénégal, Soudan, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie.

KOFFI-KOUAKOU Laussin

Rédacteur en chef

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