L'inclusion financière était à l'ordre du jour du SIFA 2022.
financesStrat'Eco

SIFA 2022 : Les freins à l’inclusion financière expliqués

0

Promouvoir l’inclusion financière est l’une des préoccupations majeures de nombreux Etats Africains. C’est pourquoi, les 08 et 09 juillet 2022, à Abidjan, lors de la 2ème édition du SIFA, les participants au sommet de l’indépendance financière Africaine étaient amenés à réfléchir sur la question.

Panélistes inclusion financière

Les panélistes ont instruit les participants sur l’inclusion financière. Crédit Image : SIFA.

Il faut savoir que l’inclusion financière, c’est la capacité d’accès, au quotidien, pour une personne, aux services bancaires et financiers de base. Les 08 et 09 juillet 2022, à Abidjan, des experts se sont, donc, réunis pour réfléchir sur cette problématique. Une réflexion menée à l’occasion d’un panel réalisé dans le cadre de la 2ème édition du Salon International de l’inclusion financière en Afrique (SIFA). Le panel, composé de Yann Amon, Amina Abib, Justin Mortodé, Jean Yves Bragbo et Simon Ouédraogo, a relevé les freins à l’inclusion financière sur le continent. Pour ce faire, Il a pointé du doigt la mauvaise structuration des économies Africaines, la politique en matière scolaire et le manque d’éducation financière.

 

La mauvaise structuration de l’économie

 

Yann Amon, membre du panel sur l'inclusion Financière au SIFA 2022

Yann Amon était de la partie. Crédit Image : SIFA.

Pour les panélistes, Les économies du continent ont été conçues pour produire ce dont les autres ont besoin. Or, cette priorité, accordée aux marchés extérieurs, entraine un important manque à gagner pour les populations locales, puisque les gains sont marginaux, en comparaison des cours internationaux des denrées et produits dérivés. Conséquences ? Les populations sont plus préoccupées par leur pain quotidien que par l’épargne et la pauvreté s’accentue, en leur sein. Pour y remédier, Justin Mortodé propose de repenser les fondements et les priorités des économies des pays Africains.

 

L’école, une prison ?

 

Des analyses pertinentes sur l'inclusion financière était proposé au SIFA 2022

Justin Mortodé (en blanc) et Simon Ouédraogo ont séduit par la pertinence de leur analyse. Crédit Image : SIFA.

Selon Simon Ouédraogo, l’école, sous les tropiques, est assimilable à une prison ! Pour ce coach Burkinabé en investissement et formateur, ce conditionnement des apprenants, sur le continent, est désolant : « On nous a enseigné que l’école reste la seule voie pour s’offrir une vie à l’abri des besoins… Or, que constatons-nous aujourd’hui ? Nous avons plutôt formé des diplômés chômeurs en qui on a détruit la prise d’initiatives ».  Toute chose qui, en plus d’empêcher l’entrepreneuriat, leur ferme les portes de l’inclusion financière. A-t-il déploré.

 

Le manque criard d’éducation financière !

 

Amina Abib est intervenue dans le panel sur l'inclusion financière du SIFA 2022.

Pour Amina Abib (photo) promouvoir la culture financière favorisera l’inclusion financière en Afrique. Crédit Image : SIFA.

C’est une évidence, peu d’Africains sont formés sur les questions financières. Les banques, l’épargne, l’investissement, la prise de risque restent encore, pour beaucoup, des termes peu familiers. Le manque d’éducation financière est, selon Amina Abib, l’une des raisons du bas niveau d’inclusion financière en Afrique. Et plus particulièrement en Afrique noire. Même si l’avènement du mobile money a permis d’améliorer la situation, des millions d’Africains ont du mal à s’approprier les produits financiers.

 

Quelles solutions pour améliorer l’inclusion financière ?

 

Le mobile a contribué à rehausser le taux d’inclusion financière en Afrique. Crédit image : Ecomatin

Après avoir posé ce diagnostic, il convient, ensuite, d’apporter des réponses pertinentes. En conséquence, sur cette question, les panélistes sont arrivés à plusieurs conclusions.

  • Repenser les programmes et les contenus des formations

L’école ne doit plus servir qu’à la formation de diplômés, mais doit, aussi, enseigner le gout du risque et développer l’esprit entrepreneurial. La finalité est qu’en y ressortant, les étudiants soient à même de comprendre les défis actuels et futurs de la planète et l’urgence de les relever. Et, surtout, capable de comprendre le rôle qu’ils ont à jouer.

  • Restructurer et réorienter les économies

Justin Mortodé propose que les Africains travaillent, en vue de répondre à leurs besoins, en priorité. Et ce, à tous les niveaux. Cette approche leur évitera la dépendance vis-à-vis des autres. En outre, elle leur permettra d’engranger des plus-values importantes et d’améliorer, par conséquent, leurs revenus et leurs conditions de vie.

  • Développer et promouvoir des initiatives d’inclusion financière et les rendre accessibles au plus grand nombre

Amina Habib estime, pour sa part, que la promotion des initiatives d’éducation financière boostera l’inclusion financière des Africains. « Plus on en parle dans nos écoles et lors des événements… mieux les populations en percevront la nécessité ». A-t-elle expliqué.

Des centaines participants ont suivi avec attention les différents intervenants. Crédit image ; SIFA

Le Salon International de l’Inclusion Financière en Afrique (SIFA) s’est tenu les 08 et 09 juillet 2022, à l’espace Latrille Event, à Abidjan. Cette deuxième édition avait pour thème : Opportunités d’investissement en Afrique après le Covid-19.

Hartman N’CHO

Rédacteur

à lire aussi sur Strat’Marques :

Abidjan Fintech AfterWork, les défis de l’inclusion financière

Authentik Afrika se présente au monde

Previous article

Félicité Gbanet, de DIM Voyages au Sival

Next article

You may also like

Comments

Leave a reply

More in finances