novembre 16, 2018

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Les professionnels de la communication ouest-africaine, invités à dépasser les clichés

Severine Laurent qui a publié il y’a 4 ans, l’ouvrage « Clés pour la communication en Afrique de l’Ouest » a livré un entretien à l’Agence Ecofin, abordant le sujet de la communication et l'audiovisuel en Afrique subsaharienne. Par ailleurs, elle a choisi d’offrir ce livre, enrichi d’un complément récent, en téléchargement libre à cette adresse : www.communication-afrique.com.

Ci-dessous, les morceaux choisis de cette interview en 5 questions.

Agence Ecofin : Vous avez choisi de donner libre accès à votre livre « Clès pour la communication en Afrique de l’Ouest ». A qui en recommandez-vous particulièrement la lecture ?

Séverine Laurent : D’abord aux étudiants et professionnels de la communication en Afrique, car une large partie de l’ouvrage s’appuie sur une réflexion autour de techniques de communication persuasive alliées à des techniques de développement personnel. Cette approche est novatrice dans le sens où elle permet de faire passer un message tout en valorisant les plus beaux atouts de ces populations. Sans développement personnel, pas de développement des nations.

Ensuite aux professionnels occidentaux souhaitant développer leurs activités sur le continent. Ces derniers arrivent sur les territoires chargés des préjugés de nos éducations. Mon travail propose une autre approche, qui encense les peuples et fait valoir leurs plus belles identités.

Exit les images de l’Afrique de la guerre, de la famine, de la maladie ; j’offre une autre lecture du continent. Une lecture résolument positive qui, je l’espère, contribuera à transformer les idées reçues.

AE : Comment se fait-il qu’à 20 ans, « blanche et française » selon vos termes, vous vous soyez orientée vers la communication et l'audiovisuel en Afrique subsaharienne ?

SL : Enfant, je rêvais des routes du monde. La télé était ma baby-sitter, elle me fascinait. J’avais 11 ans, elle nous chantait la famine en Ethiopie et je me sentais concernée : je serais médecin du monde ! Plus tard je me suis découvert des facilités pour le commerce, la communication. Et l’envie de travailler rapidement. Lorsque j’ai eu mon bac je suis partie à Londres parfaire mon anglais et j’ai décroché un poste de « Sales Executive » dans l’unique société d’alors qui vendait des équipements TV destinés à l’Afrique. J’ai tout de suite eu des atomes crochus avec les clients qui me faisaient des blagues, qui me demandaient des nouvelles de mes parents, qui me téléphonaient juste pour me demander si tout va bien… J’avais l’impression d’avoir retrouvé mon village. La dimension humaine, cette convivialité incroyable m’a séduite et je n’ai plus jamais lâché l’Afrique.

AE : Tous vos séjours mis bout à bout, combien de temps avez-vous vécu en Afrique, et principalement où ?

SL : J’ai vécu près de 8 ans au Mali, presque 2 ans à Djibouti. J’ai aussi passé de longs séjours à Dakar ou à Douala. Ces derniers temps je passe pas mal de temps en Côte d’Ivoire, et j’ai travaillé au Burkina Faso et en Guinée. En tout, à en croire mes passeports que je change tous les 3 ou 4 ans car leurs pages se remplissent vite, je dois bien cumuler entre 13 et 15 années sur le terrain.

AE : Parlez-vous, vous-même, une ou plusieurs langues africaines ?

SL : ‘Doni-doni’, je comprends un peu le bambara, la langue principale du Mali. Mais chut, n’en parlez à personne. J’adore surprendre mes interlocuteurs en rebondissant dans leur langue ; voilà une technique de communication adéquate pour mieux attirer l’intérêt.

AE : Qu’a changé en vous cette longue immersion ?

SL : Absolument tout ! L’Afrique subsaharienne francophone a construit l’adulte que je suis devenue, elle m’a donné mes chances, elle a assis mes valeurs. Elle m’a fait confiance. A son contact, j’ai compris un fondamental qui peut sembler naïf mais qui pourtant m’était inconnu avant de le découvrir : nous sommes tous humains.

Peu importe notre culture, notre couleur de peau, notre cœur bat de la même façon et nos émotions se ressemblent. L’Afrique m’a transmis son humanisme.

Source : www.agenceecofin.com 

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BY KITAM D. / 08 29 44 97