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Portrait : O’Plérou Grebet, le concepteur du « Zouzoukwa », le smiley ivoirien

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O’Plérou Grebet est certainement un talent ivoirien qu’il faut mettre en lumière. Grace à son ingéniosité, ce jeune a su traduire à travers des smiley les réalités et la culture ivoirienne.

Inscrit en deuxième année de Licence professionnelle en Arts et Images Numériques à l’ISTC Polytechnique (Institut des Sciences et Techniques de la Communication), âgé de 21 ans et du  haut de ses 1.85 m, O’Plérou Grebet, est un jeune graphiste ivoirien, concepteur du « Zouzoukwa », le smiley ivoirien. O’Plérou semble un peu dépassé par tout ce qui lui arrive en ce moment. Lorsqu’il a lancé son projet, « Zouzoukwa », le 1er janvier 2018, il savait que « cela plairait, mais pas à ce point-là ».

Le projet Zouzoukwa (qui veut dire “image” en Bété) est né en septembre 2017. Il est la version améliorée d’un premier projet qui consistait à faire la promotion des masques ivoiriens. L’artiste dit avoir  pensé ce premier projet « pour faire connaître les masques de Côte d’Ivoire méconnus des jeunes ». Mais il a finalement choisi d’étendre le projet à toute l’Afrique et de le transformer en défi pour rester motivé pendant toute sa réalisation. L’idée des emojis quant à lui est née pendant qu’il parlait« à un ami sur une application de messagerie instantanée ».

« Zouzoukwa » est un concept simple : publier chaque jour pendant un an, sur les réseaux sociaux, une émoticône (ou smiley) inspirée de la culture et de la société ivoiriennes d’aujourd’hui. Du garba (plat populaire à base de semoule de manioc) aux worô-wôro (taxis communaux d’Abidjan), en passant par les monuments nationaux tels que la basilique Notre Dame de la Paix de Yamoussoukro, les tenues traditionnelles des différentes communautés ou les expressions typiques comme « Tu as vu, non ? »… c’est un pays entier qui est peint à coups de fragments colorés.

Chaque émoticône est numérotée (il y en a 296 à ce jour), légendée, parfois expliquée. Mais il faut souvent être Ivoirien ou avoir longtemps vécu dans ce pays pour en comprendre la subtilité ou la nostalgie. « En fait, tout ce que je vois autour de moi, au quotidien, m’inspire, explique l’étudiant en infographie. Je dessine depuis très longtemps, seul dans ma chambre, d’abord sur papier puis sur le logiciel Photoshop. »

Une collaboration avec Canal +

L’idée des zouzoukwa lui est venue « comme ça, d’un coup », au cours d’une conversation avec un ami sur WhatsApp. « En voyant tous les smileys intégrés dans l’application, je me suis dit qu’il en manquait certains pour décrire nos réalités ivoiriennes, pour faire nos blagues. Et je me suis dit que je pourrais en créer moi-même ! » A peine publiés, les premiers dessins font un tabac auprès des internautes et des médias locaux. Plus de 1 000 likes sur Instagram pour la première émoticône représentant les incontournables boules de foutou (pâte à base de banane plantain et de manioc).

Ensuite, tout s’enchaîne. En mars, il remporte le prix Jeunes Talents aux Africa Digital Communication Days 2018(AdicomDays), le rendez-vous des acteurs du numérique en Afrique francophone. Dans la foulée, il collabore avec la chaîne française Canal +, qui utilise certaines de ses émoticônes « made in Ivo » sur les réseaux sociaux pendant la Coupe du monde de football 2018, en juin et juillet.

Pour celui dont le prénom, O’Plérou, signifie « gagnant » ou « premier », l’année 2018 sonne comme une victoire. Une de celles que l’on remporte, parfois, du premier coup, presque sans forcer. De quoi conforter ses parents, un père fonctionnaire et une mère opticienne, tous deux à la retraite dans leur décision de « le laisser suivre sa passion ».

Mais cette graine de businessman voit déjà plus loin. Après une collaboration avec une marque ivoirienne de vêtements et d’accessoires, Imalk Concept, reprenant ses smileys sur des sacs, O’Plérou Grebet réfléchit aux différentes manières de décliner son concept : goodies, livres, exposition, etc. Son plus grand rêve : « Créer une application grâce à laquelle les zouzoukwa pourront être utilisés par tout un chacun sur un téléphone. Et pourquoi pas, un jour, qu’ils soient directement intégrés aux téléphones ou dans les applications telles que WhatsApp, Telegram ou Facebook Messenger. Là, enfin, la boucle serait bouclée. »

ivoirecho.net

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