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Paco Séry, l’as de la batterie

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Paco Séry est un batteur et percussionniste mythique du jazz, à la renommée mondiale. Depuis des décennies, il  fait vibrer les amateurs, les férus, les curieux et autres mélomanes de tous acabits du jazz, au rythme de ses roulements de batterie. Le batteur, au doigté mélodieux, fait partie des poignés souples représentatifs de cet instrument, au plan international.

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Une relation percutante

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C’est à l’âge de 9 ans que le virtuose du jazz a annoncé, à son père, son souhait de devenir musicien. Une nouvelle gratifiée d’une gifle. Une gifle qui le poussera à fuguer pour réaliser son rêve. Ainsi, il commence à manier les baguettes à Dabou, avant de s’installer à Abidjan, où il s’impose, en peu de temps, comme batteur attitré de la réputée boîte de nuit La Canne à Sucre. C’est là qu’il découvre le chanteur, pianiste et organiste Eddy Louiss. En 1979, ce dernier l’invite à intégrer son groupe Parisien. Rapidement, la notoriété de Paco Séry croît, grâce à ses passages répétés dans les clubs de la capitale Française. Des passages qui lui permettent de rencontrer le pianiste Jamaïcain Monty Alexander, et d’aller en tournée avec le bien né Bernard Montgomery Alexander. C’est lui qui, par la suite, le recommande au maître Jaco Pastorius. Inspiré, le batteur Ivoirien subjugue le maestro, par son jeu à la fois technique et puissant, lors d’une jam session au mythique Sunset Bar. Suite à cela, ils collaborent deux ans, ensemble, dans le cadre d’une série de concerts aux Etats Unis d’Amérique. Dans la foulée, il fonde le groupe Sixun, penchant européen du projet Weather Report, considéré comme l’un des premiers groupe de fusion jazz-rock, et où Pastorius officiait aux côtés du claviériste Joe Zawinul et du saxophoniste Wayne Shorter. Cette aventure de 15 ans se fera en compagnie, entres autres, de Louis Winsberg à la guitare et de Michel Alibo à la basse. Durant cette période d’hyperactivité musicale, Paco trouvera tout de même le temps de partager son talent avec des pointures du jazz, comme Dee Dee Bridgewater, Manu Dibango, Claude Nougaro, Mike Sternet aussi avec les chanteurs de variété Jacques Higelin et Charlélie Couture. La liste est encore longue, puisqu’il se trouvait également derrière les fûts, lors de concerts et albums de Nina Simone, Marvin Gaye, Bobby McFerrin. Toutefois, sa plus grande gloire est d’avoir été invité par son idole, Joe Zawinul, à participer à son Syndicate, en 1996, au sein duquel il enchaînera, pendant 9 ans, les tournées à travers toute la planète ! C’est, seulement, en 2000, avec Voyages, qu’il livre son premier album solo. Le suivant, The Real Life, dédié à Maï, sa fille, mettra 12 ans à venir.

Porte étendard du drapeau Ivoirien

Crédit image : Le point sur.com

Le virtuose Ivoirien a commencé la batterie en tapant sur des boîtes de conserves et a touché ses premiers cachets à l’âge de 10 ans, avant de jouer avec les plus grands : Des regrettés Jaco Pastorius, Papa Wemba, Manu Dibango, Nina Simone aux légendes vivantes Dee Dee Bridgewater, Wayne Shorter, etc. Tout en ayant travaillé pendant des années au Club Méditerranée et vécu le virage de la Comédie-Française, Paco Séry continue de porter haut le drapeau de la Côte d’Ivoire. Membre fondateur du groupe de jazz-fusion Sixun, né dans les années 1980 et toujours en activité qui a fait sensation, au Sunset-Sunside à Paris, en juin 2010 ou encore, le 5 juillet 2017, au festival de Jazz à Vienne, il est l’invité d’honneur du  MASA, le Marché des arts et du spectacle d’Abidjan, en 2020, et de nombreuses autres scènes prestigieuses de par le monde.

Toujours la batterie chargée

Paco Séry et sa fille Maï  /Crédit image : Facebook

Paco a célébré, avec faste, ses 60 printemps, le vendredi 17 juin 2017, au Palais des congrès du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, à l’occasion du Festival Jazz By BICICI. Sur les terres qui l’ont vu éclore, il a offert un récital à ses fans. Un récital salué par une standing ovation. Pendant ce récital, l’as de la batterie a transporté, avec une  simplicité harmonique, compensée par une section rythmique intraitable, les férus de jazz, en exécutant des sonorités mélodieuses à l’ouïe. Avec le titre Futur, Paco Séry a donné libre cours à son talent. Il a exécuté un solo de batterie de grande volée, où dextérité et puissance laissent, tout de même, la place à une musicalité évidente, avant de voguer vers un pur moment funk jazz. La guitare et les cuivres se donnant à cœur-joie derrière un Paco déployant ses vocalises, un brin à la Louis Armstrong.

Crédit image : facebook

Pour rappel, Paco Séry est, également, acteur. Il a joué et continue de jouer dans de nombreux films. Peu médiatique, il est pourtant le seul, en Côte d’Ivoire, à avoir remporté deux Grammy Awards.

Rodrigue Cofye

Rédacteur

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