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Moto : Y a-t-il de quoi paniquer ?

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Incompréhension, confusion, abus de confiance ou escroquerie ? On ne saurait le dire. C’est pourtant les mots qui trottent dans la tête de nombreux propriétaires de motos  qui connaissent des tracasseries de la part de la police suite à un communiqué du ministère des transports.

Qu’en est-il réellement?

Pour trouver réponse à cette question, il convient de jeter un œil analytique sur le communiqué en question. En effet, le communiqué du ministère en charge des transports délivré le 02 mai dernier    demandait  aux  propriétaires d’engins à deux roues qui exercent le transport public de passagers communément appelés « motos taxis » de procéder  à l‘arrêt immédiat de  leurs activités au risque de voir leurs engins être mis en fourrière.

Cette même mesure s’applique également aux engins à trois roues transportant des passagers. Pour ce qui est du transport de marchandises par les engins à trois roues, il doit être circonscrit dans les  périmètres communaux  sous autorisations.

Notons que le communiqué n’interdit pas de manière systématique la circulation de motos dans le pays. Sont frappées de cessation d’activité seulement  les détenteurs de motos qui utilisent leurs engins pour le transport de passagers. Ceci dit, un citoyen lambda, qui a sa moto dédiée à un usage personnel (notamment comme moyen de déplacement tout comme une voiture)et  qui ne l’utilise pas pour le transport de passager ne devrait pas être dérangé outre mesure. Et pourtant, ces derniers sont, depuis cette mesure, la cible de policiers véreux qui leur brandissent  la menace d’interdiction générale de circulation des engins à deux et à trois roues en vue de leur soutirer quelques billets de banques.

Mais la réalité est que le problème ne se limite pas aux seuls propriétaires d’engins mais les entreprises et les concessionnaires des ces moyens de transport sont en droit de s’inquiéter.

Car ces tracasseries pourraient mettre en mal la vente des motos en Côte d’ivoire, puis qu’être propriétaire de moto est  désormais  synonyme d’ennui. Cela constitue dès lors une menace pour  l’activité des concessionnaires et des marques de motos présentes dans le pays qui verront leurs chiffres d’affaire baisser.

En effet, à la faveur de la crise politico-militaire de 2002 à 2010, les plus gros constructeurs d’engins de deux-roues du monde à savoir la coentreprise (Hero Group et Honda) de droit indien, Hero Motocorp, du canadien Yamaha Motor, représentés par le concessionnaire CFAO Motors, et les chinois Apsonic Motor et KTM Group se sont installés directement ou se sont fait représenter sur le marché ivoirien plus précisément dans la région du Centre-nord.

On se souvient qu’à cette période, la circulation de véhicules à quatre roues était arrêtée dans les zones dites CNO (centre-Nord-Ouest) pour des raisons de sécurité ;  ce qui a occasionné une floraison de taxis motos dans cette localité. La  région  représente aujourd’hui l’un des plus grands marchés de vente de moto du pays. Ajouté à cela, les marques de tricycle ont également gagné du terrain dans la capitale économique car ces engins à trois roues sont beaucoup sollicités par les commerçants pour le transport de leurs marchandises.

La mesure d’interdiction arrêtée par le gouvernement, mal appliquée, pourrait porter un coup dur à ce secteur pourtant très dynamique.

Evelyne Ouattara

 

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