RECO DE PRO

MISSION-FONCTION-MÉTIER DIFFÉRENCES ET SPÉCIFICITÉS

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Mission, fonction, métier. Trois notions très souvent mal perçues qui, souvent, sont sources de confusion dans la distribution des tâches pour la réalisation des objectifs spécifiques et généraux de l’entreprise. Les comprendre en ressortant leurs différences et spécificités au travers de leurs définitions s’impose avant de les appliquer spécifiquement aux règles managériales.

  1. Mission

Elle se rapporte essentiellement à un résultat attendu. En confiant une mission à un acteur, on lui donne un but à atteindre, dans un cadre et avec des moyens définis. L’activité qui supporte la mission n’en fait partie que comme un élément constitutif mais n’est pas la mission. Le missionnaire doit réussir, rapporter, livrer, obtenir, quelque chose. Il existe donc un regard, un commanditaire qui lui a assigné la mission.

Il y a des missions ponctuelles qui visent une réalisation unique et des missions pérennes qui visent des réalisations permanentes, récurrentes ou régulières.

Par exemple :

  • la mission d’une activité d’accueil sera de générer des contacts et des accès rapides, précis, sûrs et confortables pour les visiteurs,
  • la mission d’un chef de projet sera un aboutissement viable, économique et dans les délais de son projet,
  • la mission d’un ouvrier sera une production conforme, fiable, dans des volumes suffisants et dans des impacts de sécurité optimum.

On peut donc, d’un point de vue méthodologique, rapprocher la notion de mission à celle de « critère de performance ».

  1. Fonction

La fonction renvoie habituellement au rôle joué à l’intérieur d’un système.La fonction désigne la nature de la contribution. L’activité qui la supporte la caractérise par sa spécificité technique, mais n’est pas la fonction. Elle se définit par la délimitation de sa position et par ses relations dans le système. Il peut y avoir des fonctions permanentes, et moins naturellement des fonctions provisoires.

La fonction est souvent liée au poste quand il s’agit d’une fonction individuelle, et à l’organigramme quand il s’agit d’une fonction structurelle. On pourrait le comparer au rôle que joue un organe (le foie, le muscle, l’os, le cerveau) dans un organisme. On peut remarquer que notre organisme intègre des organes mais aussi des sous-systèmes (circulation, respiration, etc.) qui articulent plusieurs organes.

Pour poursuivre cette comparaison, on trouvera de la même manière dans les entreprises des fonctions très localisées (sous processus de production, vente, maintenance) qui s’expriment pleinement dans une entité identifiée, et des fonctions dites transversales (Ressources humaines, gestion, organisation) dont les champs d’intervention s’étendent à toutes les autres entités de l’entreprise.

Ces dernières y sont souvent appelées activités « fonctionnelles ». Il est également possible de discriminer plusieurs fonctions différentes parmi les activités ordinaires d’un même poste de travail (classement, contrôles de sécurité, information, stockage, etc.) qui sont autant de contributions au « fonctionnement » du micro-système que constitue l’unité ou au fonctionnement d’autres systèmes périphériques.

Il convient enfin de remarquer que dans la composition d’un poste de travail individuel voué à la production, apparemment très concret ou très matériel, on trouvera quasiment toujours des fonctions non « opérationnelles » supportées par des actes de saisie d’information, de transmission de données ou de matières, de protection et de sécurité, de calcul, de mise en relation, etc.

Par exemple :

-la fonction principale d’une activité d’accueil sera d’établir des liens entre acteurs internes et externes et de créer de l’information utile pour les uns et les autres,

-la fonction d’un chef de projet sera de coordonner les actions, d’articuler entre eux les paramètres (temps, activités, ressources), d’activer les contributeurs,

– la fonction d’un ouvrier sera de réaliser la transformation de composants en matériels plus élaborés par le truchement des outils et des méthodes.

On peut donc, d’un point de vue méthodologique, rapprocher la notion de mission à celle de « produit des activités ».

3. Métier

C’est, d’un autre point de vue, l’ensemble culturel propre à un type d’activité. Il inclut évidemment tout le savoir technique et instrumental particulier du domaine, mais également :

  • les processus standard et les procédés de référence,
  • les habitudes de langage et de comportements du milieu,
  • les archétypes de compétences, les qualifications, les repères de pratiques professionnelles,
  • le capital d’expériences accumulées par la population active.

Le métier est porté par les bouts de mémoires des personnes compétentes et par la mémoire formelle des instances de référence du milieu. Il est par essence dégagé des particularités des structures, des unités, des postes, comme des missions ou des fonctions bien qu’il détermine souvent la construction de ceux-ci.

Il est par exemple extrêmement fréquent qu’une personne occupe un poste de Responsable de Formation sans avoir aucune compétence spécifique pour le tenir : justement parce que l’entreprise ne considère cette activité que comme une fonction et pas comme un métier.

Un poste de chef de rayon en électricité peut mélanger des activités d’entretien, de gestion, de vente, d’animation en ne faisant que très partiellement appel aux métiers de l’électricité. En revanche, un menuisier « de métier » peut distribuer des prospectus pour survivre. Ceci-dit, il est remarquable que le métier soit également, ordinairement, ce qui permet de gagner sa vie dans une activité professionnelle rémunérée.

Par exemple :

  • le métier d’une hôtesse d’accueil sera celui des habitudes et des repères communs de comportement et de fonctionnement des réceptions,
  • le métier d’un chef de projet sera celui des règles et des procédés de la maîtrise d’œuvre,
  • le métier d’un ouvrier pourra être celui de la chaudronnerie, de la maçonnerie, de la pâtisserie, etc.

Synthèse

En somme, il est difficile de concevoir une activité professionnelle ou sociale sans mission, sans fonction et sans métier. On ne pourra dire qu’elle est une mission que dans le cas où il s’agira ponctuellement de mener un projet dont le but propre est supérieur à tous les autres : mission humanitaire, mission de sauvetage, concours, représentation d’une catégorie d’intérêt, guerre à gagner, etc.

 On ne pourra dire qu’elle est une fonction que dans le cas où elle ne poursuit aucun but propre, sauf à rester en soi une pure contribution à des buts supérieurs.

On ne pourra dire qu’elle est un métier que dans le cas où elle est envisagée de façon très générique, indépendamment de toute organisation et de toute implantation, comme requérant un capital de compétences spécifiques et s’appuyant sur des référentiels.

 Marc-Antoine NIAMIEN

HRBP Secteur Négoces Agriculture / Juriste consultant senior Ressources humaines /Coach en efficacité personnelle

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