Billets franc CFA / Crédit image : Ministère de l'économie et des finances de Côte d'Ivoire
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La dette publique Ivoirienne continue de grimper

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Pour se développer, toute entreprise, tout pays doit recourir à des financements. Si cette règle est aussi connue que la règle de 3, son application entraîne, forcément, des conséquences. En Côte d’Ivoire, la dette publique est en hausse. Les investissements de l’Etat dans la réforme structurelle du pays et les engagements pris, dans la lutte contre la covid-19, participent de cette situation. Néanmoins, les chiffres de la dette publique Ivoirienne font, tout de même, frémir.

Pourtant la BAD (banque Africaine de développement), dans un rapport paru en 2021, intitulé Perspectives économiques en Côte d’Ivoire, avait prévenu : “Les principaux facteurs de risques pour ce scénario favorable sont une pandémie qui dure au-delà des six premiers mois de 2021, la détérioration de la situation sociopolitique interne et des prix des principaux produits d’exportation du pays, ainsi qu’une mauvaise mobilisation des ressources internes et externes.” Ces risques se sont matérialisés et, à la fin du mois de septembre 2021, comparé à 2020, la dette publique Ivoirienne fait un bond de +22,95%, selon un rapport, paru il y a peu, émanant du ministère du budget et du portefeuille de l’Etat de Côte d’Ivoire. Estimée à 19.836,3 milliards de francs CFA, elle connait donc une hausse de 3.703 milliards de francs CFA, en comparaison de l’exercice précédent. Rapporté à un PIB (produit intérieur brut) aux alentours des 38.439,2 milliards de francs CFA, à la fin septembre 2021, le taux d’endettement est de 51,6% contre 45,9%, à la même période, en 2020, soit +5,7 points.

Sachant que les bons au Trésor ne représentent que 1,8% de l’encours total, ici, une évolution concomitante de la dette extérieure, de +15,66% pour un chiffre de 12.224,9 milliards de francs CFA, et de la dette intérieure, de +36,88% pour un chiffre de 7.591,4 milliards de francs CFA, sont en cause. Dans les faits, cette situation est la conséquence d’un ensemble de dettes à échéance supérieur à un an, constituant 91,7% du portefeuille, contre 6,5% pour celles inférieures ou égales à un an. Côté change, 57,3% de la dette est ordonnancée en euro, une monnaie arrimée au franc CFA sur le principe d’une parité fixe ; ce qui, en l’espèce, modère les risques de change. Concernant le dollar, la dette, dans cette devise est, seulement, de 22,8% . Les 6,8% restant sont répartis parmi divers autres devises. Toutefois, fin septembre 2021, les dettes à taux variables ne sont qu’à 7,6% contre 92,4% pour les dettes à taux fixes.

Crédit image : Sika FINANCE

Le trésor public Ivoirien supporte 1.324,8 milliards de francs CFA du coût de service lié à la dette : 776,5 milliards de francs CFA au principal et 548,4 milliards de francs CFA pour les intérêts. En conséquence, 24,23% des recettes budgétaires de l’Etat de Côte d’Ivoire, soit 5.467,8 milliards de francs CFA, est alloué aux paiements de cette charge de dette.

KOFFI-KOUAKOU Laussin

Rédacteur en chef

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