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“KONG” de DJ ARAFAT, ou l’excellence du Marketing Posthume !

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Ce titre pourrait choquer plus d’un, comme son nom l’indique, le marketing posthume est une stratégie commerciale dont les techniques ont pour objectif de faire du chiffre sur les œuvres d’un artiste disparu.La mise en place des 4P (politique produit, prix, placement, publicité)  après la disparition d’un artiste a-t-elle plus de poids que celle effectuée de son vivant ?

Interpellé par l’information qui  fait le buzz actuellement en Côte d’Ivoire, dans le monde de la musique et sur les réseaux sociaux ce Jeudi 06 Février 2020, nous avons décidé d’analyser cette actualité. En effet, le label UNIVERSAL MUSIC AFRICA  a lancé la sortie du clip « KONG », le 05 Février 2020, dernière chanson de DJ ARAFAT, icône de la musique Ivoirienne partie trop tôt. Déjà près de 06 mois  que le « King du coupé décalé » nous a quittés et pourtant il n’a jamais été aussi présent !

Un incroyable capital sympathie

STATISTIQUES de DJ ARAFAT SUR FACEBOOK et YOUTUBE

Depuis le 12 Août 2019, jour de la disparition de l’artiste dans un violent accident de moto, nous constatons une hausse du capital sympathie envers le défunt qui, de son vivant, jouissait d’une réputation de <<Mi ange, Mi démon>>. Le nombre de vues de ses clips a considérablement grimpé. L’on observe un taux de croissance relativement élevé sur les canaux sociaux du défunt artiste.

Passé de 540.000 abonnés à 740.000 abonnés sur Youtube, et une croissance de plus de 100.000 fans sur Facebook en l’espace de 06 mois, force est de constater que sa mort y est pour quelque chose. N’est ce pas  cette augmentation de nouveaux fans sur les réseaux sociaux, qui poussa le label UNIVERSAL à reprendre en main les œuvres en cours de l’artiste ? UNIVERSAL aurait-il fait cela s’il s’était agi d’un artiste moins connu ? S’interroge-t-on. Quand on observe l’évolution des abonnés et le nombre de vues qu’obtient l’artiste après sa mort, du fait de la sacralité qu’on lui voue, l’on peut affirmer sans risque de se tromper que pour ces maisons de productions, le marketing posthume est tout aussi rentable.

Graphique d’évolution des abonnés de Dj Arafat

Entre plaisir de retrouver son idole, réticences et nostalgie, le public ne cesse de se tourner vers des canaux qui permettent de toujours communier avec l’artiste.

 LA SACRALITÉ DES ARTISTES BASE DU MARKETING POSTHUME

Plusieurs entreprises ont compris les avantages d’utiliser l’image d’une célébrité à titre posthume. Primo, elle est largement moins chère que celle d’un artiste de la même envergue en vie. Secundo,  l’artiste disparu présente moins de risques. Une entreprise liée à une célébrité décédée, comme UNIVERSAL avec la YOROGANG évite déjà tout risque de scandale lié aux débordements  qu’aurait pu créer  ledit artiste en vie. Car pour un artiste décédé on n’a plus tant de soucis à se faire sur le volet gestion de crise. Tertio, la disparition transforme l’artiste en entité sacrée aux yeux de ses fans tout  comme <<ARAFAT et SA CHINE>>. Cela rend encore plus précieuses toutes ces œuvres qui viendront à sortir. Car il y’a une assertion qui soutient que << Un artiste ne meurt jamais, il vit à travers ses œuvres>>.  Partant de cette pensée, on remarque que la mort  fige l’artiste dans un état d’éternité qui préservera son image.

Pour finir, le Marketing Posthume se déploie facilement en activant la carte de la nostalgie chez les fans du défunt. Grâce aux progrès de la technologie, les fans peuvent revoir leurs artistes à travers des clips et ses œuvres à titre posthume. Une étude publiée dans International Journal of Research in Marketing a montré que les fans voyaient d’un bon œil les messages marketing postés sur les comptes des célébrités décédées,  ou plutôt par leurs ayants-droits sur leurs profils Facebook, Twitter ou Instagram.

LOI ET RÈGLEMENT

Le marketing posthume suit lui aussi une réglementation, dans la mesure où il existe des conditions à respecter. D’Abord, il y a la loi. Des réglementations se développent pour encadrer ce phénomène et limiter l’usage qu’une entreprise pourrait faire de l’image d’un défunt. Ensuite, il y a l’acceptation du phénomène par les consommateurs.

Enfin, la récence de la mort. Certes, les ventes des produits de la célébrité connaissent un pic immédiatement après sa mort, comme on a pu l’observer sur les canaux digitaux de feu Dj ARAFAT, en raison à la fois de la curiosité des non-fans et du processus de deuil entamé par les fans, qui achètent pour atténuer leur tristesse.

En revanche, il serait très mal vu d’utiliser l’image de la célébrité dans un contexte marketing lorsque sa mort est récente. Car fraîchement décédée, la célébrité reste associée à la mort, pour les fans comme pour les autres.

Le Marketing Posthume prend de l’ampleur de jour en jour. Il n’est pas seulement utilisé dans le secteur de la musique, mais aussi dans d’autres secteurs. Avec la multiplication des séries et films qui retracent la vie de nos icônes ou même celles faites en honneur à nos artistes en les faisant figurer dans des films (exemple Fast and Furious 8 avec Paul Walker).

Aujourd’hui,  la mort est devenue une activité lucrative et de nombreuses entreprises fleurissent tous les jours autour de ce business : des agences événementielles se spécialisent dans les organisations de funérailles comme vous en rêvez.

Et vous ? Que pensez-vous de ce marketing autour de la mort des artistes ?

Jabneel Damoh

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