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Fêtes de fin d’année : Coqivoire dans l’esprit, Foani dans la lettre

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La lettre et l’esprit… Les Ivoiriens en savent quelque chose. Il y a 13 ans, un long débat a tourné autour de ces deux termes, au sortir d’un conclave tenu sur un site sportif hexagonal. Là s’arrête la petite virée politique. Ici, nous parlons Marketing. Les fêtes de fin d’année voulant, les distributeurs de poulet sont à l’honneur, la communication aussi. Coqivoire et Foani parlent aux consommateurs, Strat’Marques en a eu échos.

A lire: Poulets : COQIVOIRE hausse le ton, FOANI met les pattes dans les plats

C’est de tradition. En terres noires, le poulet reste l’invité spécial des fêtes. Aucun ménage, vraiment aucun, n’accepterait de célébrer la passation de flambeau entre 2016 et 2017 sans son argousin. L’enfant du plus démunis ne pardonnerait jamais cela à ses parents. Le décor étant planté, le contexte s’y prêtant ardemment, les deux plus gros offrants de la place, sortent par conséquent le grand jeu.

Coqivoire dans l’esprit de la fête à l’Abidjanaise

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On pourrait parler de fétichisme des dates à ce niveau. Car à l’approche des dates du 24 et du 31 décembre, les consommateurs étalent de plus en plus leur ‘’poulet-dépendance’’. Une ‘’addiction’’ très poussée en ce sens que la veille de noël, comme le jour-j, la volaille reste maître de la table. Des faits qui vont se répéter littéralement le 31 décembre et le 1er jour de l’an.

A Abidjan, le show c’est la bière, la danse et aussi le poulet accompagné d’attiéké. Quand bien même le « poisson braisé » s’invite très souvent au menu. Et il n’y a pas dates emblématiques que le 24 et le 31 décembre. Là où le mercure se hisse à son paroxysme. Moment propice saisit au collet par la marque qui entend écouler à vitesse vertigineuse ses produits.

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Coqivoire revendique en effet le statu de premier producteur de la sous-région, de viande et produits à base de volaille. « La marque possède son propre réseau de distribution de proximité pour garantir en quantité et en qualité un approvisionnement régulier des populations, des professionnels de la restauration et de la distribution en viande et produits à base de volaille. » affirme le concurrent de Foani. ‘’Force’’ qui lui donne d’ailleurs d’imposer son produit : «  Show de 24 sans poulet… Tu comptes sur quoi ? »

Le message est bien adapté aux réalités marketing ivoiriennes. C’est-à-dire à l’environnement urbain mais aussi à l’atmosphère des fêtes. Même dynamique, même concept avec l’autre déclinaison « Rencard de 31 sans poulet…Tu comptes sur quoi ? ». Là encore, un travail de fond a été abattu au niveau de la conception-rédaction. En outre, graphiquement, il y a du contenu. La posture du personnage de campagne appelle sinon interpelle. En d’autres termes, pour t’assurer de finir la soirée en beauté, il ne faut pas commettre la fatale erreur de ne pas lui acheter le poulet…Les initiés ont compris certainement.

En gros, cette campagne de Coqivoire a été non seulement bien pensée mais elle met en évidence les bonnes ressources psychologiques et morales des Marketeurs de l’entreprise. Ces derniers ont plus que jamais réussi à intégrer l’esprit de la fête à l’Abidjanaise.

Foani dans la lettre

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Pour ceux qui ne le sauraient pas, Foani est la propriété du fermier de renom Ouattara Ali qui a commencé sa première ferme en 1975 avec 75 poussins pontes. Aujourd’hui c’est une dizaine de fermes avec une capacité de 500 mille poules. Pour dire que sur ce point, la société est plus vieille que son rival Coqivoire qui fête ces 40 ans en 2016. Devancier en âge certes, Foani est restée timide voire effacée des années durant pour ne se ‘’réveiller’’ que dernièrement. Précisément, le face-à-face Coqivoire Vs Foani a pris du volume il y a seulement trois (3) ans environ. Sauf que depuis lors, nous assistons à une bataille du genre du ‘’fermier à la fermière’’ ; permettez-nous ce néologisme.

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L’entreprise goute peu le retard accusé dans la communication en fait. Ainsi pour respecter la coutume festivalière des fêtes mais sans doute répondre à son conçurent, Foani a décidé d’aller au contact direct. La stratégie CLD entendez Commande livraison à domicile. Selon M. Ibrahim du service commercial, la condition c’est de passer une commande supérieure ou égale à quinze (15 000) F CFA et prévoir 1000 autres F CFA pour les frais de transport. Après quoi les poulets Foani viennent à vous.

A situation financière particulière, offre exceptionnelle

De part et d’autre les prix des produits ont subi des coups de maillet. Mais disons-le, ils sont nombreux ceux qui tirent le diable par la queue en ce moment en Côte d’Ivoire. «  Les temps sont durs !» Cette phrase fait partie des plus récurrentes dans le parlé des populations de nos jours.

Poulet Foani

Il faut donc s’adapter au contexte. Ce que semble faire Foani qui vend des lambeaux de poulet à 1000 voire 800 F CFA. Histoire de permettre à tous d’accéder à cette denrée de première nécessité en cette période de fête. Le plus important, la sauce est garnie de poulets le 25 décembre et le 1er janvier, ces jours si symboliques. Et la fragrance de la soupe n’est nullement différente de la sauce au poulet entier. L’essentiel est là. Foani est dans la lettre de la fête.

Qui dirige vraiment le débat ?

Si le poulet s’accompagne de l’attiéké, du riz ou du foutou en Côte d’Ivoire pour pouvoir mieux vendre, les promoteurs doivent accompagner leur produit d’une bonne dose de communication. Comme mentionné plus haut, le secteur de la volaille dominé par ces deux grands n’est pas du tout aphone.

De janvier à novembre 2016, Foani a investi 32,6 millions de F CFA, soit 402 voix pour promouvoir sa marque et son produit selon le partenaire BrandMediaMonotoring. Bien entendu, il s’agit de chiffres hors taxe et surtout n’incluant pas la communication digitale et le hors media.

A lire: Filière avicole en Côte d’Ivoire : la guerre des poulets fait rage

De son côté, Coqivoire a dégagé la somme de 55,6 millions de F CFA soit 566 voix. Représentant 63,13 % des investissements publicitaires du secteur. La bataille continue mais pour l’instant Coqivoire domine les débats. Par ailleurs, il faudra compter avec Yumag, un autre opérateur en route. Plus de détails dans le N°002 du bimestriel Strat’Marques à paraître en janvier 2017.

Marius Aka Fils

Rodrigue Kouabenan

La revue de presse du Mercredi 21 Décembre 2016

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