RECO DE PRO

Emploi/business : Comment décrocher un rendez-vous avec un haut dirigeant

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Par Benjamin FABRE (Chroniqueur et écrivain)

Obtenir un tête-à-tête avec un haut dirigeant est une mission délicate. Pour autant, un téléphone, deux cordes vocales et trois grammes d’esbroufe peuvent suffire à vous mener à l’objectif. Comment réussir ce petit miracle ? La réponse de Benjamin Fabre, auteur de la chronique # FYI (for your information).

Description de la situation

Cette fois, la coupe est pleine. Lassé (pour rester poli) des canaux de recrutement habituels, vous avez décidé de changer de stratégie. Terminé, les formulaires en ligne, les miaou-miaou auprès des DRH, les chasseurs de tête qu’il faut chasser soi-même… Vous allez prendre la diagonale. Sauter ces barrières, imprimer votre CV sur du papier de soie et taper directement à la porte des patrons (les vrais, ceux qui ont des voitures avec chauffeur et des salles à manger attenantes à leurs bureaux). Mais comment accéder à ces braves gens ?

Les clés pour s’en sortir

En gonflant votre égo. La première étape, pour obtenir un RDV avec des PDG, est de vous convaincre que vous le méritez. C’est sans doute la plus difficile (sauf pour les lecteurs munis d’énormes melons). Bombez le torse, rassemblez tous vos souvenirs victorieux, dites vingt fois « Je suis un cador de très haut niveau » et attrapez votre téléphone.

Cas 1 : Vous tombez sur l’assistante (au long bec)

Laissez tomber immédiatement la petite voix de crécelle que vous auriez, j’en suis sûr, adopté si vous n’aviez pas lu cet article. Prenez celle, sûre et aristocratique, d’un parlementaire en goguette ou d’un personnage égotique de ce genre. Surtout, pas de déférence. Bannissez copieusement les « Je ne vous dérange pas ? », « Je sais qu’il est très pris » et autre « Merci infiniment » qui vous jetteraient d’emblée dans la catégorie des tapis-brosses. De la politesse, oui. Mais celle des princes.

Votre accroche est simple : « Bonjour Madame. J’aimerais s’il vous plaît prendre rendez-vous avec YY. » (= dites son prénom). Rassurée par votre aplomb tranquille, la cocotte va vous prendre, neuf fois sur dix, pour un vieil ami de Polytechnique. Dans le pire des cas, vous aurez droit à un « C’est à quel sujet ? » que vous traiterez d’une manière suffisamment pointue pour lui ôter toute envie de creuser (« C’est au sujet du modèle de value sharing du partenariat ALBERTIS-SCHWINLAG »). L’affaire est dans le sac.

Cas 2 : vous tombez directement sur lui

Cela peut arriver. Dans ce cas, jouez-la beaucoup plus humble. Présentez-vous comme un admirateur qui souhaite le rencontrer pour mieux connaître les raisons de son succès (vous parlerez de votre CV sur place). Les patrons n’ont pas tant d’admirateurs que ça, vous savez. Gérer 137 000 employés, c’est entendre autant de jérémiades perpétuelles au sujet de la stratégie d’entreprise et de la couleur des chèques-déjeuner. Soyez à contre-courant : fayotez.

Alternative : la lettre de château

Vous êtes allergique au téléphone ? Envoyez-lui un courrier (manuscrit). Court, dans une enveloppe de haut grammage, avec un soupçon de décalage. Le jeune Nicolas Sarkozy, il y a des années, avait écrit à Jacques Attali (alors dir.cab à l’Elysée) pour solliciter une rencontre : « N. Sarkozy, 30 ans, cherche à devenir président de la République. Aimerait vous rencontrer. » L’autre avait trouvé cela si drôle qu’il lui avait offert sa première visite de l’Elysée. Quand je vous dis qu’il faut savoir se projeter…

Benjamin FABRE (Chroniqueur et écrivain)

 Auteur de “L’art de pipoter” et de “Comment devenir un parfait fayot au bureau”.

Le titre est de la Rédaction

La revue de presse du Jeudi 16 Juillet 2015

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