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Éditorial : “La méthode Hambak” gravée à jamais

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Le mercredi 10 mars 2021, deux jours après son jour anniversaire, Hamed Bakayoko s’en est allé. Le gaillard, au physique athlétique, venait d’avoir 56 ans. Souffrant d’un cancer fulgurant, il a rendu son dernier souffle en terre germanique. Depuis le vendredi 12 mars 2021, la Côte d’Ivoire est dans un deuil national, et ce jusqu’au vendredi 19 mars 2021. Cette semaine, la Côte d’Ivoire pleure un homme au parcours atypique. Aimer, détester, il a su déjouer les pronostiques et marquer, de son empreinte, son monde grâce à une technique propre : “La méthode Hambak”.Hamed Bakayoko. Source : 7info

Né le 08 mars 1965, à Adjamé, il a grandi dans une famille modeste. À un très jeune âge, il perd sa mère. Son veuf de père l’élève lui, son frère et ses deux sœurs. Rien ne le prédestinait à devenir un businessman et un homme de média émérite. Pourtant, très tôt, il s’intéresse à la communication. En classe de CM2, il crée et dirige le journal de son école. Par la suite, il dirige le Journal du Collège Moderne d’Adjamé et assume, rapidement, d’importantes responsabilités à la tête de différentes associations estudiantines. De quoi se forger une carrure de leader et des compétences de communiquant. En 1990, à seulement 25 ans, il fonde Mayama Éditions (en hommage à sa défunte mère), la société éditrice du quotidien Le Patriote. Au sein du journal qu’il a conçu, il occupe le poste de directeur de publications. En 1993, il devient le PDG (président directeur général) de Radio Nostalgie Côte d’ivoire puis, de 2000 à 2003, celui de Radio Nostalgie Afrique. Autant dire qu’avec un tel parcours, la communication n’a aucun secret pour cet homme de média. Pour preuve, il est, par la suite, nommé ministre des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication). Il a mené, dans ce ministère, de nombreuses réformes, et a contribué à l’implémentation des NTIC sur le sol ivoirien.Source: Afrikbuzz

Hamed Bakayoko au centre entouré du Magic System. Source: Abidjan people.

Si la communication par l’objet est une méthode phare en marketing, il en existe une autre tout aussi redoutable : la communication évènementielle. Elle a l’avantage d’être populaire. Cela, le « demi-dieu » l’avait bien compris. Féru d’art et de culture, Hamed Bakayoko a un penchant pour la musique. Et les artistes le lui rendent bien. En bon stratège, il fait le placement de la marque “Hambak”: Son nom est scandé dans les chansons éponymes de Koffi Olomidé, Dj Arafat, Fally Ipupa, Magic System… pour ne citer qu’eux. Une relation qui contribuera à sa notoriété, notamment auprès de la jeunesse. Surnommé « le ministre de la nuit », il explique à ses collaborateurs que tout ceci n’est qu’un jeu. Conscient de la tromperie cachée derrière les apparences, il  s’en est joué et a joué avec maestria.

Hamed Bakayoko et Maitre Gims. Source: Ivoire web tv

Dans le domaine musical, il est dit ceci : L’efficacité d’un morceau dépend de l’universalité de son message. Savoir s’adapter à son auditoire est primordial. Ainsi, ce descendant des forgerons de Séguéla a parfaitement manié le marteau et l’enclume. Sans jamais heurter, il a soufflé le chaud et le froid. Armé de son physique imposant,  muni de son culot, l’ambitieux a enfoncé les portes avec brio. Haï par certains, adulé par d’autres, le « Petit Pasqua » a inspiré la crainte quand nécessaire. Passant aisément du « Nouchi » (argot ivoirien) au langage soutenu, ce tribun a modulé son phrasé, son langage corporelle, le contenu de ses discours en fonction de son public. Il n’a pas d’ennemis, que des adversaires. À ceux qui remettaient en cause ses qualifications, cet autodidacte rétorquait : « je n’ai pas vos diplômes. Moi, j’ai appris à l’école de la vie… »Source: Afrique sur 7

Tous les spécialistes le disent, il ne sert à rien de communiquer si vous ne construisez pas une communication qui vous reflète. « Le Golden Boy » s’est créé un style. Il s’est extirpé des codes traditionnels de la communication. Il s’est créé une image adaptée à son caractère, sa personnalité, son background. Ce tribun, aux airs débonnaires, s’est imposé dans le paysage public ivoirien. Il a fait de sa personne une marque. Il a élevé ses prises de parole à un niveau peu égalé en terre d’éburnie. Amateur d’art, il a érigé sa technique en chef d’œuvre. Autodidacte, culotté, tribun, rassembleur, nul doute que « la méthode Hambak » fera des émules et restera gravée dans les annales pour la postérité.

KOFFI-KOUAKOU Laussin 

Rédacteur en chef

 

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