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Burkina Faso : les journalistes réclament de meilleurs conditions de travail

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Mauvaises conditions de travail et ingérence des pouvoirs publics dans le traitement de l’information… Un duo sombre malheureusement caractéristique de bon nombre de Rédactions africaines, dont celles du pays des Hommes intègres. C’est d’ailleurs ce qui a motivé le Syndicat autonome des Travailleurs de l’Information et de la Culture (Syntic) du Burkina Faso à lancer jeudi dernier, une grève de 24heures.

Rassemblés à la Bourse du Travail de Ouagadougou, les Journalistes burkinabè ont mené leurs revendications autour de trois points.

Le premier, les conditions de travail jugées mauvaises par ces Hommes du quatrième pouvoir. Ils dénoncent un processus de finalisation des plans de carrière en relative stagnation et réclament la revalorisation de leurs indemnités. Aussi, le manque d’infrastructures ainsi que les mauvaises conditions de travail des agents des médias publics burkinabés constituent des problèmes pour lesquels ils réclament un changement.

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La deuxième concerne l’ingérence des pouvoirs publics dans le traitement de l’information. Une situation qui ruine l’objectivité du Journaliste et jette un discrédit sur l’Ethique et la Déontologie de ce métier. Même si ce fait peut sembler surprenant, il n’en demeure pas moins que c’est une réalité dans la plupart des rédactions publiques en Afrique.

Selon le site d’information burkinabé lepays.bf, une conférence de Rédaction extraordinaire avait été tenue le 5 avril dernier,  avec toute la chaîne du traitement de l’information publique. L’objectif de cette conférence de rédaction était de faire part aux responsables des médias publics les injonctions du gouvernement dans le traitement de l’information et l’alignement des éléments du journal à la RTB (Radio Télévision Burkinabè). Des dispositions dictées depuis le palais de Kosyam.

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Le 21 Juillet 2016, les différentes associations syndicales de la corporation avait accusé le gouvernement de Paul Kaba Thieba de s’immiscer dans les affaires d’une corporation sensée être libre et indépendante. Une succession de faits qui a finalement conduit les Journalistes burkinabés a entamé cette grève.

En 2014, un rapport de la Fondation pour les Médias en Afrique de l’Ouest (MFWA) indiquait que « le nombre des violations de la liberté d’expression en Afrique de l’Ouest est passé de 25 au cours des quatre premiers mois de 2014 (Janvier à Avril) à 38 au cours des quatre mois suivants de l’année (Mai-Août) (…) Et le rapport d’ajouter que «Ces chiffres montrent une augmentation de 52% de l’incidence des violations entre les deux périodes de cette année. »

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Toujours selon le même rapport, « la Sierra Leone, le Sénégal, le Nigeria, le Libéria, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Gambie et le Burkina Faso ont chacun connu une hausse d’incidents de violations au cours de la période mai-août (de la même année Ndlr), par comparaison avec la période janvier-avril ».

Il est donc temps pour les Journalistes africains de penser à une réelle liberté d’expression et non une pseudo liberté.

Dominique Koffi Stg

La revue de presse du Vendredi 09 SEPTEMBRE 2016

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