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A new ROAD, enfin une réflexion sur la dette en Afrique

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Initialement prévu pour le 21 avril 2021, le lancement officiel de A new ROAD (A new round-table on african debts) s’est tenu le jeudi 06 mai 2021, de 16h00 à 18h00, au Sofitel Ivoire d’Abidjan Côte d’Ivoire, en présentiel et en visioconférence sur la plateforme Zoom. Comme son acronyme l’indique, le Think Tank est créé pour trouver des solutions à la dette publique des états africains. Le groupe de réflexion veut sortir l’Afrique de son paradigme. Il souhaite favoriser les conditions d’accès aux financements des économies africaines, sur les marchés internationaux, en proposant, notamment, de nouvelles formes de partenariat publics-privés, par le biais d’outils innovants. Dans le difficile contexte lié à la pandémie de la maladie à coronavirus, de nombreux défis attendent le monde, en général, et le continent africain en particulier. A new ROAD a choisi d’emprunter la voie de la collaboration participative, transversale et transgénérationnelle. Le thème de cette première table ronde officielle du Think Tank : « Coût de la dette en Afrique, à quels obstacles sommes-nous face et comment y remédier ? » Strat’Marques était présent lors de cet événement majeur pour le continent.

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C’est dans la somptueuse salle des fêtes, du Sofitel Ivoire d’Abidjan, que le volet présentiel de la rencontre a eu lieu, dans le respect des mesures barrières. L’instigateur de A new ROAD, Nicolas Jean, associé chez Gide Loyrette Nouel et membre du comité exécutif, a ouvert la rencontre avec un mot d’introduction. C’est également lui qui a modéré les interventions, des membres fondateurs du groupe de réflexion sur la dette des pays africains, réparties sur deux panels.

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La première partie de la table ronde a commencé par les contributions vidéo de Hubert Védrine, associé gérant de Hubert Védrine conseil, et de Ghislane Guédira, directeur chargé de mission auprès du PDG d’OCP. Monsieur Védrine affirme que « le Think Tank va accompagner tous ceux, sur le continent, qui veulent apporter des réponses à la dette ». La discussion s’est poursuivie en présentiel. La première personne à prendre la parole n’est autre que la fondatrice de Global Sovereign Advisory. Anne-Laure Kievel estime que « la souveraineté d’un état dépend de sa capacité à battre monnaie ». Pour un continent qui comptera 2,5 milliards d’habitants en 2050 dont 50% de jeunes, la question de la souveraineté est plus que d’actualité. C’est la raison pour laquelle elle considère qu’un pays comme la Côte d’Ivoire doit investir dans sa jeunesse.

Une partie des membres de A new ROAD / Crédit image : 35° Ouest

Selon Sandra Alambra Johnson, Secrétaire générale de la Présidence de la République du Togo, les taux d’intérêts sont passés de 4 à 12%. La dette africaine, quant à elle, avoisine les 365 milliards de dollars. Toutefois, elle considère que le chiffre n’est pas si alarmant, car il ne représente que 2% de la dette mondiale. D’où le rôle primordial du secteur privé pour la croissance.
Hamet Aguemon, associé chez Southbridge, a plutôt mis l’accent sur les obstacles historiques, institutionnels et structurels qui plombent la pleine souveraineté des états africains.

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Le DG de la BRVMKossi Amenounve d’interroger : « Qui détient la dette ? Le détenteur de la dette joue un rôle dans celle-ci. Il faudrait que les états africains s’endettent au niveau local » plus qu’ils ne le font à l’international. En effet, comme l’a si bien dit le conseiller du Premier ministre ivoirien, chargé des questions financières, du suivi de la dette et des risques financiers, Jean-Marc Brou, le tout est une question de perception : « Perception des risques de l’environnement africain. C’est la jeune génération qui sera amenée à rembourser la dette ». Les états doivent donc établir les conditions de la stabilité.

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D’ailleurs, Stranislas Zeze, PDG de Bloomfield Investment Corporation a soulevé des points importants : « Un emprunt appelle remboursement. Il y a une discrimination dans la qualité de crédit » et un fossé en fonction des critères de notation à équivalence. Par exemple, le Bénin est considéré comme un pays solvable, par sa structure, en se basant sur l’économie réelle, prenant en compte la devise locale, quand il est noté pays à risque par Standard & Poor, du fait d’une analyse effectuée à partir de devises étrangères. Pour certains pays du continent, la dette représente 80% du PIB. Il pose donc les questions suivantes : « Comment, avec le choc de la covid-19, les pays africains vont-ils financer leurs économies ? Ne devraient-ils pas se réinventer afin de transformer la chaîne de valeur ? » Pour lui, il faut absolument repenser le modèle économique de nos pays.

Enfin, le DG de la BNI, Youssouf Fadiga a été clair : « Il faut faire face à ses propres besoins pour assumer la dette publique. D’où l’intérêt de la formalisation de nos économies » dont l’assiette fiscale souffre du grand nombre d’activités informelles.

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Najat Vallaud-Belkacem, la directrice de l’ONG de solidarité internationale One France, et Mario Pezzini, directeur du centre de développement de l’OCDE, en vidéo, ont introduit la deuxième partie des échanges.

Cette deuxième partie de la table ronde a porté sur la thématique suivante : « la dette : outil au service de l’émergence de champions nationaux et panafricains dans des secteurs stratégiques ». Sur ce sujet, Papa Amadou Sarr, ministre délégué général à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes au Sénégal, DER, a ramené la lettre à la réalité des faits et du marché économique global : « L’Afrique n’est pas surendettée, elle est sous financée. » De ce fait, pour lui, il faut sortir des analyses habituelles développées autour des dettes, publiques et privées, sur le continent et, plutôt, s’orienter vers une évolution réelle et pragmatique. Pour ce faire, il a évoqué son expérience au Sénégal, notamment en 2020, en pleine adaptation à l’ennemi invisible, avant de donner une piste de solution : l’accompagnement à l’émergence des champions nationaux par l’investissement dans « la jeunesse » et la création « des champions de demain ». Cependant, sur ce point, la PDG de Arrise ivoire, Roselyne Chambrier  a rebondi sur un élément primordial à cette construction. Ainsi, selon elle, « le champion national doit être une locomotive pour les autres, les tirer vers le haut ».

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À noter, dans cette deuxième partie de l’assemblée réflective, les interventions de Siandou Fofana, ministre du tourisme et de loisirs de la Côte d’Ivoire, Laurent Thorrance, gérant d’Axelcium et d’Olivier Granet, associé gérant et DG de Kassada Capital Management. Sans oublier Pedro Novo, directeur exécutif en charge de l’export de Bpifrance. Le président du conseil de surveillance de KPMG France et coordonnateur du Conseil Présidentiel pour l’Afrique, Wilfried Lauriano Do Rego, a clôturé les discussions de ce deuxième panel.
Nicolas Jean, Associé chez Gide Loyrette Nouel et membre du comité exécutif, a salué la qualité des échanges et des différentes contributions.

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A new ROAD est une association à but non lucratif et apolitique souhaitant intégrer aux réflexions menées une dimension sociale et sociétale. Il est composé de 25 personnalités, top managers et représentants des pouvoirs publics. Son ambition est : « imposer un nouveau regard sur le continent, ses économies et leur rôle central à l’échelle internationale ». Dans cette dynamique, un sommet sur le financement des économies africaines se déroulera à Paris, le mardi 18 mai 2021, soit dans près d’une semaine.

KOFFI-KOUAKOU Laussin

Rédacteur en chef

 

Revue d’affiche de la semaine du 10 Mai 2021

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