janvier 23, 2018

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Steve David, l’homme qui met les grandes marques en boîte

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Steve David a créé l'Enervée, personnage imaginaire qui envoie des lettres absurdes et désopilantes aux services consommateurs pour brocarder les marques. Il les publie sur son blog (NDLR: http://lenervee.com/) avec les réponses.

Tout est parti d'une sombre histoire de pain de mie, en 2013, lors d'un petit déjeuner amical aux sports d'hiver. « On s'est demandé pourquoi il n'y avait jamais deux entames dans le pain de mie Jacquet », indique sans l'ombre d'un sourire Steve David, développeur informatique et geek assumé. Dans la foulée, les compères envoient une lettre facétieuse au service consommateur de Jacquet, qui répond bien volontiers, sur le même ton, quelques jours plus tard.

Ainsi naquit le personnage du blog l'Enervée, consommatrice imaginaire, tatillonne et acariâtre de l'ère 2.0, qui « vit avec son chat un peu à l'ancienne, boit de la Badoit », dixit son auteur et, surtout, passe ses journées à s'agacer de tout et de rien. Du shampoing Dop aux oeufs qui pique beaucoup trop les yeux. Du stylo quatre couleurs de Bic dont on n'utilise jamais que le noir et le bleu. De la salade de fruits au sirop Saint-Mamet dépourvue de cerises ou encore de la Cracotte de Lu qui ne tolère aucune tentative de tartinage.

Il y a quelques années, ces missives drolatiques et absurdes seraient restées à prendre la poussière dans les bureaux des services consommateurs. A l'heure d'Internet, les marques de l'agroalimentaire sont bien obligées de répondre (lire encadré ci-dessous) et en profitent au passage pour redorer leur image de marque. Les réponses sont parfois aussi hilarantes que les doléances.

« Le concept est inépuisable, se réjouit Steve, 27 ans, le père de l'Enervée. Au début, on voulait dénoncer les messages absurdes de l'agroalimentaire, les stratégies marketing. Puis le propos s'est élargi. Dès qu'on trouve une pub drôle, on fonce. » C'est ainsi que l'Enervée se demande ce qui différencie les « Tic » des « Tac ». S'inquiète de sa collection des départements magnétiques de Père Dodu à l'heure de la réforme territoriale ou se réveille la nuit pour s'enduire le visage de yaourt Activia Nature de Danone, actif à l'intérieur et censé « se voir à l'extérieur ».

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La plupart des échanges sont bon enfant mais, quand l'Enervée s'en prend à la qualité du produit, les entreprises sont piquées au vif. Comme Coraya qui répond illico à un courrier l'interpellant sur la présence de glutamate, un exhausteur de goût, dans ses morceaux de surimis. « Je crois qu'on a provoqué une réunion de crise au service conso », rit Steve sous cape. D'autres sont laconiques et dénuées de toute autodérision, selon lui. Comme Vahiné qui répond sèchement que ses raisins secs n'ont pas de pépin car l'entreprise utilise... « une variété sans pépin ».

La fromagerie Bel — propriétaire des marques Apéricube et Vache qui rit —, étonnée, demande à l'Enervée de lui envoyer des photos quand celle-ci s'agace de ne pouvoir lire les réponses, incomplètes, dans ses Apéricubes. Et ne répond pas quand notre consommatrice se demande si la Vache qui rit... rit vraiment. Dans la vraie vie, l'Enervée s'énerve-t-elle vraiment ? Pas vraiment. Steve avoue très calmement « qu'on nous prend souvent pour des billes ». Ce qui ne l'empêche pas de continuer « à faire ses courses à la supérette » du réseau d'un leadeur de la grande distribution en bas de chez lui. Il continue à manger du pain de mie mais a arrêté le surimi Coraya. « Je préfère celui de Fleury Michon, sans glutamate. » Contactée, la marque Coraya n'a pas donné suite à notre demande d'entretien.

Source: www.leparisien.fr
Le titre est de la rédaction

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BY KITAM D. / 08 29 44 97