août 21, 2018

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Périscope : l’application qui bouleverse les codes du journalisme

periscope

Deuxième application la plus téléchargée sur iTunes, Periscope renverse les codes du journalisme et des réseaux sociaux, comme en atteste son succès lors de la #NuitDebout (Ndlr : en France). Mais pourquoi certains internautes dénaturent-ils son utilisation, au risque de mettre en danger leur vie professionnelle et de voir leur propre image bafouée ?

C’est le réseau social-phare du moment. Âgée d’un peu plus d’un an, l’application gratuite de streaming Periscope a déjà détrôné Facebook des téléchargements d’Itunes Store et est en passe de transformer l’image que l’on se fait du journalisme de terrain. Rachetée en mars 2015 par Twitter, cette application a déjà séduit 10 millions d’utilisateurs dans le monde et retransmis en direct plus de 100 millions de vidéos.

NuitDebout

Si l’usage qu’en font les internautes reste pour l’heure anarchique, brouillon et non codifié (en témoigne la directive des créateurs, “Amusez-vous et soyez honnêtes avec les autres”), il n’en reste pas moins un relai efficace pour transmettre en direct des événements sociaux et culturels d’importance. Le rassemblement national #NuitDebout, né en opposition à la loi travail il y a une semaine, en est la preuve. Remy Buisine, qui diffuse l’événement chaque soir en direct, a atteint un chiffre record de 385 000 spectateurs dimanche 3 avril, malgré une qualité de son imparfaite. De quoi offrir aux chaines d’information une concurrence solide en terme d’images inédites, le souci du montage en moins.

Les applications qui ne gardent pas de trace, dont les contenus sont éphémères, sont particulièrement appréciées, constate Hervé Le Crosnier, enseignant-chercheur spécialiste des technologies du web et de la culture numérique. Périscope rejoint dans cette famille Snapchat et, comme Facebook, ajoute maintenant la vidéo en direct. On est passé de la consultation de vidéos à la production/diffusion. C'est un changement culturel très important.

Tandis que certaines stars, comme Maitre Gims, s’en servent pour donner des informations exclusives à leur sujet, en évitant la case tabloïds, d’autres utilisent Periscope pour retransmettre en direct certains concerts (n’en déplaise à Taylor Swift) ou matchs sportifs diffusés sur des chaines payantes, comme celui des boxeurs Mayweather et Pacquiao ou le récent Chelsea-PSG de beIN Sports.

Dérapages et pétage de plombs sur Periscope

Au-delà de ces premiers détournements de l’usage de Periscope, l’application connaît également des dérives beaucoup plus extrêmes. Le 13 février 2016, le défenseur du PSG Serge Aurier a insulté ses coéquipiers ainsi que son entraineur Laurent Blanc, et a fini par être suspendu pour plusieurs matchs, malgré ses excuses faites quelques jours plus tard. Le 24 février, un détenu de Béziers se filmait en cellule, un joint à la main, sur Periscope. Le mois précédent, un autre détenu, situé à Aix-Luynes (Bouches-du-Rhône) utilisait lui aussi le réseau social, une chicha à la main.

En février toujours, quatre hommes originaires de Limoges filmaient leur cambriolage dans un gymnase de Feytiat, avant d’être arrêtés par la police. Enfin, le 31 mars dernier, deux employés d’SFR détruisaient en live le portable d’un client “désagréable”, selon leurs propos.

Les contenus violents, pornographiques, ou qui violent les droits d’auteurs sont néanmoins très vite retirés de Periscope, une fois qu’un membre les signale. Mais l’Américain Kayvon Beykpour, cofondateur de l’application, ne s’inquiète pas pour l’instant. “Je ne pense pas que ce soit polémique que quelqu’un utilise Periscope pendant un cambriolage, c’est juste quelque chose de stupide”, a-t-il dit lors d’une conférence de presse le jeudi 17 mars à Paris.

Pourtant, un Periscope peut être facilement enregistré, de la même manière qu’un tweet ou une publication Facebook peuvent être capturés avant que leur utilisateur ne les efface. Le risque d’une recrudescence d’individus qui filment leurs actes criminels n’est pas à exclure.

Un modèle d’opposition par rapport aux médias classiques ?

A l’instar de Rémy Buisine avec la #NuitDebout, Periscope devient également un moyen de filmer l’information différemment. “Comme tous les moyens de communication en réseau performants, nomades, personnels et peu coûteux, Periscope concurrence directement les médias “classiques” de l'information en direct. On peut y voir un double danger : l'absence du traitement de l'information préjudiciable à sa qualité ainsi que la fragilisation des médias professionnels.” analyse Jean-François Cerisier, professeur de sciences de l’information et de la communication à l’université de Poitiers.

Les internautes cherchent ainsi à éviter les mensonges imputés par le montage, ou les connivences entre médias et politiques. François Hollande se l’est tenu pour dit lors que son équipe de communication a retransmis en direct sur Periscope sa rencontre avec les salariés de Showroom Privé. La vidéo a très vite été écourtée en raison du flot d’insultes déversées par les internautes en temps réel.

Alors, Periscope s’érige-t-il comme un modèle d’opposition ou comme un soutien pour les médias traditionnels ? 

En attendant, le genre nouveau de Periscope a inévitablement vite fait jouer les lois de la concurrence : l’application de streaming vidéo en direct Meerkat s’est inclinée, tandis que les grosses firmes ont équipé leur arsenal. Facebook a lancé Facebook Live, les petits crayons de couleur de personnalisation en plus, et Google prépare Youtube Connect.

Rien qui ne fasse peur à Kayvon Beykpour quant à l’évolution de son joujou : “On n'est pas la première appli de livestream, et on sait très bien qu'on ne sera pas la dernière. La concurrence ne nous inquiète donc pas, elle nous motive“. Il ajoute que Periscope restera gratuit : ”On ne fera jamais payer les gens ou les médias pour diffuser du contenuIl y a d’autres formes de monétisation, mais il n’y a pas d’urgence à générer des revenus.” (…) Ses objectifs à court terme ? Fournir aux diffuseurs des outils permettant une plus grande créativité, permettre aux internautes de découvrir des vidéos live qui leur correspondent et qui seront sûres de les intéresser, mais surtout, “permettre plus de contrôle sur qui peut voir les vidéos diffusées.” Une priorité essentielle pour maintenir la bonne image de Periscope.

Source: news.yahoo.fr

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BY KITAM D. / 08 29 44 97