avril 25, 2018

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La mobilité au secours du journalisme

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Comme bien des professions, le journalisme doit s’adapter à son époque. Tout en gardant son objectif d’informer les gens, il s’est transformé. De l’écrit, d’abord et avant tout, s’est ajouté l’audio par la voie radiophonique. Puis la métamorphose a continué à la télévision. Tout d’abord dans des bulletins et, ensuite, est arrivé le journalisme 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 avec les nouvelles en continu. Une tendance qui n’a pas régressé avec Internet et les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, le journalisme se spécialise et se modernise encore plus. Déjà les journalistes actuels et en devenir apprennent à maîtriser les immenses banques de données comme dans le cas des Panama Papers. Et puis, bientôt, les reporters n’auront plus besoin d’équipe de tournage comme autrefois. Désormais, il faudra simplement un micro… et un téléphone.

Le téléphone intelligent, couteau suisse du multimédia

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La Grande-Bretagne a déjà vu comment le journalisme mobile — appelé MoJo en anglais — peut modifier l’approche journalistique. Lors des élections générales de 2015, les reporters pouvaient facilement se promener sur le territoire, interroger candidats et citoyens, etc. Auparavant, il aurait fallu tourner des images, les monter ainsi que la bande sonore ou la narration avant un bulletin de nouvelles. Désormais, tout peut se faire à partir de l’appareil lui-même. Avec les applications existantes, le téléphone devient le couteau suisse de l’information.

Si, à une époque, les appareils mobiles fournissaient des vidéos de piètre qualité, la technologie s’améliore continuellement comme le rappelle ce journaliste mobile pour qui cette approche est celle du futur. Parce que les avancées technologiques en matière de son et d'image progressent sans cesse sur les téléphones, parce que la demande de vidéos est en croissance et que le public les consulte de plus en plus sur leurs propres appareils mobiles.

Une vraie discipline

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Et si, au départ, le MoJo était perçu comme du sous-journalisme ne faisant que filmer maladroitement, et en qualité discutable, des événements, il n’en est plus de même aujourd’hui. Il existe désormais des classes de maître sur le sujet et une convention internationale dont la prochaine édition s’amorcera à la fin avril 2016 à Dublin, en Irlande. Des blogues, comme celui-ci en français, donnent des tonnes de conseils pour apprendre à filmer ou interviewer avec le téléphone.

Peu importe la technologie, il faut raconter une histoire. Voilà l’esprit du journalisme et particulièrement du MoJo. Ainsi, qu’ils soient travailleurs de la presse ou des citoyens ayant assisté à un événement marquant (attentat, accident, catastrophe naturelle, etc.), le journalisme mobile donne une vue privilégiée sur ces événements. Et puis, il y a des applications comme Periscope qui permettent de diffuser en direct des allocutions et situations dont les abonnés peuvent commenter. Une façon de rassembler l’audience. Même des sujets plus pointus comme l’agriculture pourraient bénéficier du journalisme mobile par le biais de reportages ou de documentaires faciles à filmer, monter, etc.

Par contre, comme le souligne ce journaliste français, encore faut-il que les médias traditionnels comprennent ces outils. Parce que, pour l’instant, il n’y a que très peu de journalistes sur Periscope et les chaînes comme Europe 1 l’utilisent pour filmer dans des studios à heure fixe… L'exact contraire de ce que cherche à faire le journalisme mobile! D’autant plus que certains médias croient qu’il suffit de donner des téléphones à leurs journalistes pour réussir des reportages en journalisme mobile. Or, comme l’explique cet enseignant et expert dans le domaine, il s’agit d’une erreur magistrale. Bien sûr que les appareils s’améliorent à eux seuls, mais les véritables professionnels se munissent de différents accessoires comme des microphones, des poignées, de la lumière pour éclairer quand il fait trop sombre, etc. Cela coûte un brin plus cher que des portables, mais cela reste quand même beaucoup moins dispendieux que du matériel traditionnel de reportage.

Inquiétudes et espoirs pour l’avenir

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Évidemment, il y a quelques préoccupations pour le futur de ce type de journalisme. Comme bien des médias en général, la question de l’argent reste centrale. Pour l’instant, personne n’a trouvé le moyen de faire beaucoup de profits avec le public sur appareils mobiles. Le matériel de reporter mobile coûte peut-être moins cher, mais il n'abaisse pas de façon drastique les coûts. Beaucoup hésitent entre investir dans une application dédiée au média ou simplement travailler sur un site Internet plus ergonomique pour les appareils mobiles. Dans les deux cas, les revenus publicitaires restent maigres.

Et puis, bien que hautement hypothétique, il y a la question de l’avenir de ce journalisme. Certes, pour l’instant, les téléphones portables sont en grande demande. Or, qu’arrivera-t-il le jour où, comme le prévoient certains scientifiques, ces technologies seront directement greffées sur les êtres humains? Cela exigera encore du milieu de l’information un virage encore totalement inconnu à ce jour. Toutefois, ce potentiel futur n'est pas encore proche.

En fait, il semble assez évident que le journalisme mobile a de bien belles années devant lui. D’autant plus qu’il ne consiste pas seulement en des reportages vidéos. Avec la démocratisation des outils, il devient de plus en plus facile de concevoir des dossiers interactifs sur des événements ou phénomènes pour les expliquer en détail. Par exemple, des étudiants du Master 2 Journalisme et médias numériques de Metz ont créé une page en MoJo sur les espaces verts de la ville. Un aperçu intéressant de ce que pourrait être le journalisme de demain et ce qu’il semble de plus en plus nécessaire d’inculquer aux futurs travailleurs de l’information.

Source: cursus.edu

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BY KITAM D. / 08 29 44 97